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Vaud Gerhard Ulrich le fugitif reprend du poil
de la bête
CAVALE | 00h35 Sous mandat d'arrêt depuis huit mois, le pourfendeur de l'ordre judiciaire sort de son silence et raconte comment il vit sa clandestinité pour échapper à la prison à laquelle il a été condamné pour calomnie envers des magistrats et des avocats. GEORGES-MARIE BECHERRAZ
JEAN-BERNARD SIEBER / ARC | DERNIÈRE APPARITION: Gerhard Ulrich lors de son procès à Lausanne, l'été dernier. Condamné pour calomnie, le fondateur et président d'Appel au Peuple a disparu dans la nature le jour de la lecture du verdict. ARCHIVES 17 Avril 2008 | 00h35 Gerhard Ulrich, 63 ans, a laissé sa chaise vide en juillet 2007 au Tribunal de Lausanne, le jour de la lecture d'un verdict lui infligeant 10 mois ferme pour calomnie et ordonnant son arrestation immédiate. Le président de l'association Appel au Peuple, qui se veut «défendre les intérêts des consommateurs de la justice», a depuis 9 mois échappé aux recherches de la police. «Jusqu'à ce jour, je n'ai jamais croisé de gendarmes et même si je devais les croiser un jour, je ne serais pas dans une situation qui les inciterait à m'identifier.» Les mauvaises langues affirment que sa cavale arrange finalement les autorités. Cela leur éviterait de devoir gérer un détenu prêt à entreprendre à grand fracas une nouvelle grève de la faim en cellule. 46 mois à l'ombreDe fait, s'il se fait attraper, ce sont 46 mois de détention qu'il devra purger. Son ardoise comporte en effet encore 21 mois ferme assénés dans un premier procès pour calomnie en novembre 2006, ainsi que la révocation d'un sursis à une peine de 15 mois pour incendie volontaire de sa propre villa, qu'il voulait soustraire de la sorte à sa future ex-épouse. Sa fuite avait passablement irrité le procureur général Eric Cottier. Le magistrat n'avait pas été suivi par le tribunal de Lausanne en demandant son arrestation à la fin de son réquisitoire. Après des mois de silence radio complet, Gerhard Ulrich reprend donc du poil de la bête. «J'avais planifié l'éventualité de la clandestinité depuis un bon moment. Les opportunités se sont ouvertes par des offres spontanées de la part d'un bon nombre d'amis de longue date.» Il explique avoir eu le choix entre six pays différents mais avoir préféré
rester sur le territoire national. «J'ai la chance de pouvoir changer souvent
d'emplacement. Quand je suis accueilli dans des familles, la question de
l'approvisionnement ne se pose même pas. Jusqu'à récemment, j'ai logé dans un
local à Le fugitif évoque la chirurgie esthétique, «pas un garant pour passer inaperçu». De santé fragile il a subi deux infarctus il dispose des services d'une infirmière. «En cas de besoin je peux compter sur l'aide de mes amis médecins.» Il précise que seules une à trois personnes savent où il se trouve à un moment donné: «Notre trésor de guerre s'est reconstitué, grâce à des dons généreux. Je ne vous dirai pas comment ces fonds sont actuellement collectés.» Survie sur internetLes condamnations d'Appel au Peuple pour calomnie, confirmées par le Tribunal fédéral, n'empêchent pas l'association de continuer à diffuser certaines accusations graves et d'en préparer d'autres. Sur des sites internet certes partiellement purgés, mais toujours vivaces, malgré une injonction du juge d'instruction aux «providers». |