24 Heures du 22 juillet 2004

Le combat continue

Gerhard Ulrich manifeste depuis deux semaines devant le Tribunal fédéral.

LAUSANNE Depuis le 7 juillet dernier, des représentants d'Ap­pel-au-Peuple organisent une «garde d'exhortation» devant le Tribunal fédéral (TF) de Lau­sanne. Chaque soir, ils se dépla­cent devant le domicile d'un juge. Gerhard Ulrich, président d'Ap­pel-au-Peuple, observe sur place une grève de la faim qui lui a fait perdre une dizaine de kilos. Le mouvement réclame la libération d'une femme condamnée à dix­-huit ans de prison pour l'assassi­nat de son mari, un avocat ber­nois. Le TF avait confirmé ce verdict en 2003. L'affaire vient d'être portée devant la Cour eu­ropéenne des droits de l'homme à Strasbourg.

Le secrétaire général sup­pléant du tribunal, Jacques Büh­ler, a reçu mardi trois membres du mouvement. Lors de cette en­trevue, Gerhard Ulrich, qui a no­tamment évoqué l'affaire de l'as­sassinat de l'avocat bernois, a été «rendu attentif aux possibilités de révision».

Elément nouveau

«Une révision des jugements est possible lorsqu'un grief n'a pas été traité par inadvertance ou qu'un élément de fait nouveau n'a pas été pris en considéra­tion», a expliqué Jacques Bühler. La démarche doit être faite par la personne condamnée.

Lors de cet entretien, M. Ul­rich a également proposé des modifications de la procédure pénale en première instance. Il lui a été conseillé de les trans­mettre aux organes législatifs compétents. Le TF précise qu'un tel entretien est accordé à toute personne qui en fait la demande. Il a en outre demandé aux représentants d’Appel-au-Peuple d’ar­rêter d'importuner les juges fédé­raux devant le tribunal et à leur domicile privé. Le mouvement a annoncé qu'il allait cesser de se rendre au domicile privé des juges.            ATS

Céline Michel