24 Heures du 9 mars
2004
Blocher en Salomon de la
justice fédérale
Le
nouveau chef de Justice et police s'attache à résoudre la crise de confiance
entre le Parlement et le Tribunal fédéral.
BONNES RE
II faut dire
qu'il y a divergence de vues sérieuse entre le Tribunal fédéral et le Conseil
des Etats. Celui-ci, l'automne passé, a accouché d'une nouvelle loi sur le TF
que les juges rejettent. La discussion avait notamment porté sur la question
des naturalisations, domaine dans lequel Mon-Repos,
par son arrêt de juillet 2003, s'est attiré les critiques du politique. Pour
d'autres raisons encore, la version des Etats va, selon les juges, à l'encontre
des buts poursuivis: simplification, décharge du tribunal et recentrage sur
l'essentiel. Face à cette crise, la commission du Conseil national a instauré
en janvier une pause de réflexion jusqu'en avril. Et Christoph Blocher crée un groupe de travail ad hoc qu'il préside
lui-même. De nouvelles propositions devraient en sortir rapidement. Elles pourraient
faire du Zurichois - qui sait? - le Salomon de la nouvelle organisation
judiciaire fédérale.
Le volume des
affaires traitées l'an dernier par les tribunaux fédéraux (TF et TFA) est
resté pratiquement stable, comme reste stable la surreprésentation des recourants romands. Mais le niveau quantitatif élevé ne
permet pas encore de sortir du «travail à la chaîne» préjudiciable à la qualité
de la jurisprudence. L'embellie pourrait résulter, précisément, des travaux
législatifs en cours. Déjà, le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone
entrera en fonctions ce 1er avril. S'ensuivra la suppression, à
Lausanne, de la Chambre d'accusation et de la Cour pénale fédérale. Les grands
procès directs, genre Hariri, et la surveillance des autorités fédérales
d'instruction, notamment celle des écoutes téléphoniques, passeront de l'autre
côté des Alpes. Ce n'est qu'en 2007 au mieux, en revanche, que le Tribunal
administratif fédéral de Saint-Gall sera opérationnel. C'est lui qui devrait
être la dernière instance de recours en matière d'asile.
Souci d'un
tout autre ordre: le mouvement «Appel au peuple». Ses agissements «ont pris une
ampleur très importante tant au siège de Mon-Repos
qu'au domicile de certains juges». Plainte a été déposée le 27 mars 2003. On
est sans nouvelles d'elle depuis... M. Pn