Le rôle de la justice

 

Le fait divers que votre quotidien a étalé dans ses colonnes au début de cette année m’amène à apporter, mois aussi ma contribution à la clarté du débat.

Suite au décès volontaire de deux personnes âgées, plusieurs lecteurs, sous la rubrique de dernière page, critiquent la police. On oublie, dans cette douloureuse affaire, le rôle joué par les juges d’instruction du district de Lausanne. Ceux-ci se sont arrogé le droit de pénaliser et de criminaliser cette famille dans la douleur. Ils ont organisé une chasse aux sorcières digne des heures les plus sombres d’un obscurantisme moyenâgeux qui, nous étions en droit d’espérer, ne devrait plus avoir cours sous nos latitudes.

En effet, l’organisation judiciaire vaudoise apparaît à l’heure actuelle, incapable de mettre un peu d’humanité dans l’application du droit.

Ses magistrats, qui depuis quelques années sont tous diplômés de nos universités, se basent sur le Code pénal suisse, mais celui-ci date de 1942. Depuis lors, notre société a, pour le moins, un peu changé ! Ils ne se privent d’ailleurs pas de prétendre qu’ils croulent sous le travail et que les piles de dossiers s’accumulent. Ils se complaisent à prétendre que les enquêtes criminelles sont toujours plus compliquées et qu’ils n’arrivent plus à les finaliser. Messieurs les magistrats, comment pouvez-vous dégager du temps pour investiguer sur ce phénomène de société qui se propage depuis de nombreuses années. Laissez mourir en paix les personnes qui le désirent, comme vous l’avez toujours fait pour d’autres, jusqu’à aujourd’hui. De deux choses l’une :  ou le traitement des affaires criminelles n’est pas aussi important que vous essayez de le faire croire aux citoyens ou alors, ce qui est beaucoup plus grave, vous n’avez aucun sens des priorités.

Cela tendrait à accorder un certain crédit (que les politiques n’ont jamais voulu admettre) aux innombrables quérulents qui peut-être non sans raison se plaignent de l’administration de la justice dans notre canton. Pour preuve, les pages intérieures de nos quotidiens commencent à s’ouvrir à leurs récriminations. (….)

Pierre Duc,

Député

 

Source : courrier du lecteur  «24 HEURES du 22 janvier 2003