Article publié dans 24 HEURES du 9 janvier 2003

 

 

 

Au carrefour des pouvoirs

 

SÉCURITÉ La Chancellerie d’Etat,  intermédiaire

privilégié.

 

 Les actions et les injonctions d’Appel au peuple et de mouvements similaires ne laissent plus l’ordre judiciaire indifférent dans le sens où elles  représentent un mécontentement dont on peut craindre des débordements préjudiciables à la sécurité publique. Laurent de Mestral, nouveau président du Tribunal cantonal, se défend cependant de qualifier Gerhard Ulrich de  citoyen potentiellement dangereux. «L’homme a toujours tenu à préciser qu’il  n’est pas un adepte de la violence, dit-il. La question est de savoir dans  quelle mesure les gens qui l’accompagnent partagent cette attitude.»  L’entrée en fonctions prochaine d’un médiateur de la justice permettra-t-elle  de mettre enfin tout le monde d’accord? «Oui, pour autant que le dialogue puisse être noué, répond le président. Hélas, certaines personnes sont  allées tellement loin dans leur révolte qu’il sera difficile de les rejoindre.»

 

  Sur un plan plus large, intercantonal, dans la foulée du traumatisme causé par le tueur de Zoug, les polices cantonales sont en train de mettre sur pied un recensement des situations présentant réellement des risques. On estime actuellement qu’en Suisse une dizaine de personnes méritent d’être observées de près. Quand bien même cela pose des problèmes en regard  de la protection des données personnelles. Sur la base d’un rapport d’experts récemment remis aux cantons, ceux-ci vont élaborer de nouvelles procédures d’intervention. Dans le canton de Vaud, ce serait au niveau de la   Chancellerie que devrait être géré ce genre de crise. Pierre-Alain Uberti,  vice-chancelier, explique cette démarche: «La Chancellerie se trouve au carrefour des pouvoirs. Elle peut en effet proposer et coordonner un  maximum de moyens tant politiques, administratifs que judiciaires. Cela dit,  il y aura toujours un moment à partir duquel nous ne pourrons pas empêcher  quelqu’un de passer à l’acte. Tout repose donc sur l’observation des signes  avant-coureurs pas tellement auprès des individus que des situations à risques.»

 

 

GEORGES-MARIE BÉCHERRAZ