Monsieur le Rédacteur,
Il est parfaitement exact, omme l'écrit M. Bécherraz, que l'on devient féroce lorsque la morale la plus ordinaire, la plus élémentaire logique, la loi clairement formulée sont foulés aux pieds par les tenants du pouvoir. On ne nait pas terroriste, on le devient: le terrorisme est le fruit de l'injustice et de la violence à tous les niveaux. Le terrorisme d'´État se manifeste par le déni de justice, l'usage abusif de la psychiatrie, l'abrutissement du droit charactérisé par une procédure arbitraire et abusive. Le terrorisme tout court d'abord par un rejet méprisant de toute autorité, puisque l'autorité est considérée comme étant totalement pourrie, puis par la violence physique à divers degrés. C'est le terrorisme d'État qui provoque le terrorisme tout court, et non le contraire:
Tous, tant que nous sommes, avons une limite de tolérance à l'injustice, à l'arrogance des classes dites supérieures, à l'abus de pouvoir. Cette limite varie d'un individu à l'autre, mais elle existe en chacun d'entre nous. En tant que gérant de la page web d'Appel-au-Peuple, je lis semaine après semaine les histoires les plus effarantes de gens proprement couillonnés par les autorités prétendûment compétentes.
On parle de Zoug, de Nanterre, d'Erfurt:: parle-t-on jamais des existences à jamais ruinées par des décisions judiciaires totalement à côté de la plaque, des gens qui sombrent dans la dépression, dans l'alcoolisme, des divorces, des suicides, que nos braves-zet-excellents juges auraient sur la conscience, s'ils en avaient une?
Le système judiciaire d'un pays est la conscience de ce pays. Et lorsque le système judiciaire d'un pays fait canon, il ne reste plus aux citoyennes et citoyens que de recourir à la violence pour se faire entendre. C'est là une constatation triste et brutale, et aussi impossible à contredire.
Notre Tribunal fédéral traitait quelque 1'500 cas par ans, dans les années soixante. Il en traite maintenant quelque 5'000 annuellement, tendance à la hausse. Cette montée dramatique est le résultat de la dégénérescence de notre appareil judiciaire aux niveaux régional et cantonal, combiné avec le refus de citoyens de plus en plus infomés - donc:critiques - de se laisser couillonner. Quelque 75 ou 80 % des recours présentés devant un Tribunal cantonal ou devant le Tribunal fédéral sont rejetés. Ce qui revient à dire que plus des 3/4 de ces gens qui vont chercher leur droit devant ces instances sont des imbéciles et/ou des querelleurs. "Se non è vero, è ben trovato..."

Veuillez agréer, Monsieur le Rédacteur, l'expression de ma haute considération.

J.C. Simonin
Sonnhalde 25
2502 BIENNE
032 342 64 23