APPELL AL PIEVEL

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c/o Gerhard Ulrich.

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L’initiative des citoyens, qui défend les intérêts des consommateurs de la justice

 

Morges, le 19.06.06

„Cheval de Troie“

 

Rapport sur l’action menée par APPEL AU PEUPLE à l’occasion de la journée des avocats suisses, organisée par la Fédération Suisse des Avocats

à l’hôtel Président Wilson, Genève, le vendredi, 16.06.06

 

Contenu

1.     Séminaire « Procédures devant la CEDH » - première partie

2.     La pause de midi/repas

3.     Séminaire « Procédures devant la CEDH » - deuxième partie

4.     Discussions inofficielles de Gerhard Ulrich - Réflexion

5.     Clôture de la journée

 

Résumé

Le Président d’APPEL AU PEUPLE a eu l’opportunité d’assister incognito (enfin jusqu’à la fin de l’évènement) à la journée des avocats suisses, qui a débuté par un séminaire animé par 4 fonctionnaires de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, en présence d’une centaine d’avocats suisses. Pour réussir, Gerhard Ulrich  a dû se préparer  en grand secret, puisqu’il y a maintenant  évidence des écoutes téléphoniques (voir l’affaire GR100, publiée sur notre Site Internet)  par le Ministère public de la Confédération sur  les raccordements  de nos militants. C’est la raison pour laquelle  cette action porte le nom de couverture de « Cheval de Troie ».

Au fond, il n’y avait rien d’extraordinaire à « espionner ». Ce qu’on pouvait apprendre en tant que participant au séminaire (points 1 et 3 du contenu) n’intéresse pas que des juristes. Les consommateurs de la justice sont aussi directement concernés, et c’est la raison pour laquelle ce rapport est publié sur notre Home page.

Les discussions accessoires pendant les pauses (points 2 et 4) laissent apparaître un fossé entre les consommateurs de la justice d’une part et les hommes de loi d’autre part, bien qu’il y ait également  des fissures entre le camp des magistrats et celui des avocats !

La journée a été clôturée par une allocution de la Conseillère fédérale, Micheline Calmy-Rey, et une poignée de militants d’APPEL AU PEUPLE ont profité de rappeler l’injustice commise à l’endroit de Damaris Keller (BE102), ce qu’ils ont réussi à réaliser, en dépit de la découverte tardive du cheval de Troie par les organisateurs (partie 5).

 

 

 

Arrivée sur place

L’avocat lucernois Hans Hurter et le rapporteur se présentent avec un retard de 10 minutes sur le programme à l’enregistrement.  A l’accueil, on leur transmet la documentation et un badge, indiquant le nom du participant (que le rapporteur cache immédiatement dans sa poche).

Coup d’œil sur la liste des participants (html-1): A part la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, y figurent, comme invités d’honneur, toute une série de personnalités genevoises, suisses et d’hommes de loi de la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Le rapporteur (Gerhard Ulrich) figure sous les participants du canton de Lucerne.

 

 

1.                 Séminaire « Procédures devant la CEDH » - première partie

Premier conférencier, le juge européen Lucius Caflisch est présenté par l’ancien Bâtonnier genevois Pascal Maurer comme citoyen suisse (des Grisons), mais représentant  la Principauté du Lichtenstein. Sa présentation, dans un allemand et français sans accent, est très brève. Il parle de la sévérité de l’examen d’admission ( !) et présente quelques chiffres :

-         actuellement 84'000 cas en suspens

-         annuellement 45'000 recours reçus

Question du « débit » de la Cour qui risque de s’effondrer sous le poids des recours.

Et pour terminer: La Cour Européenne des Droits de l’Homme est un mécanisme qui fonctionne pour garantir également notre Etat de droit (suisse).

Ce conférencier disparaît, et on ne le verra plus de  toute la journée.

 

 

Le programme se poursuit (html-2), avec les présentatrices:

Ø     Françoise Tulkens, Juge à la Cour Européenne des Droits de l’Homme

Ø     Anne Gillet et Anna Austin, juristes au greffe de la CEDH

 

Notes retenues:

 

La juge Tulkens précise que 80 à 90 % des recours sont déclarés irrecevables. « Nous avons besoin de bonnes requêtes ». Elle se dit impressionnée par « la grande sensibilité, connaissances et compétences » de ses collègues… .

Elle explique qu’il ne faut pas faire la faute de prendre la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour une 4ème instance judiciaire.

 

Anne Gillet:

Elle flatte l’audience en déclarant qu’elle est toujours heureuse, quand une requête provient d’un avocat, puisque celles-ci sont tout de même mieux formulées que celles des profanes.

Il y a actuellement 45 Etats contractants.

 

 

 

Un juge élu ne représente aucun Etat et est indépendant (ce qui est en contradiction avec l’introduction du Juge suisse Lucius Caflisch, représentant la Principauté du Lichtenstein).

Pour renforcer l’indépendance des Juges, une future réforme prolongera le mandat des Juges européens de 6 ans aujourd’hui, à 9 ans; cependant, ce mandat ne sera pas renouvelable.

La Cour compte 500 agents et interprètes, dont 200 juristes (greffes, chanceliers, référendaires).

La Cour plénière (tous les Juges élus) élit son Président et les greffiers, et elle adopte le règlement et ses avenants.

La grande Chambre est composée de 17 juges, dont le Président, les Présidents des Chambres, des juges et greffiers.

A tout moment, une Chambre (composée de 7 juges) peut se dessaisir d’une affaire et la transmettre à la grande Chambre, particulièrement si une violation grave est constatée.

Principes de la procédure:

Les langues officielles sont le français et l’anglais. Les requêtes peuvent être introduites dans toutes les langues des pays contractants.

Le Président d’une  Chambre peut accorder sur demande du requérant ou d’office, l’assistance judiciaire, mais elle est exclue en cas de « requêtes clones »). Les gouvernements concernés peuvent y donner leur avis.

Le barème pour cette assistance judiciaire (par cas ?) est d’Euros 850.-. La CEDH n’assigne pas d’avocats d’office, puisqu’elle n’a pas de listes d’avocats.

La Chambre peut  donner la priorité à un cas, ce qui se pratique assez fréquemment. L’efficacité des voies de recours justifie un traitement prioritaire en cas de violation des articles 2 et 3 de la CEDH. L’exemple du Kurde Oecalan c/Turquie est cité, puisque cet homme avait risqué la peine capitale.

Il est admis que la CEDH peine à respecter des délais raisonnables pour liquider les cas. Actuellement, une procédure dure entre 3 et 4 ans, dont 2 ans entre l’enregistrement d’un recours et la 1ère décision.

Tout dossier introduit à Strasbourg est consultable publiquement, sauf les affaires qui font l’objet d’un règlement à l’amiable entre le requérant et la partie adverse.

Des mesures provisoires peuvent intervenir selon l’article 39 du règlement, s’il y a risque de dommages irréparables.

L’exemple d’une destruction d’embryons d’une Anglaise qui s’était séparée entre-temps de son concubin est cité: la Cour a ordonné d’ajourner cette destruction.

S’ensuivent des explications au sujet des requêtes de personnes morales, d’Etats (exceptionnelle) et des requêtes individuelles (la règle).

 

La première requête/lettre doit contenir un résumé sommaire de l’affaire. Les annexes du règlement de la Cour fixent le contenu que les requêtes doivent avoir.

 

 

 

La juge Tulkens reprend la parole:

Elle précise qu’une personne mentalement malade peut également introduire une requête.

 

Discussion:

Un participant se fait confirmer que tous les dossiers sont publiquement accessibles pour consultation, en grande partie via Internet, à l’exception des affaires étant sujettes à une négociation à l’amiable, ou si la sécurité d’un pays est en jeu et en cas d’intérêts justifiés de la sphère privée. Ici, le cas d’une Irlandaise est cité en exemple, laquelle s’était  fait avorter à Londres puisque l’avortement est illégal dans son pays; pour protéger la sphère privée dans ce cas, le dossier est resté confidentiel.

Question concernant la qualité d’une Association comme plaignante: une Association ne peut pas se constituer victime au nom de ses membres.

La Juge Tulkens clôt la discussion  par la remarque que la Cour peut bien fonctionner « si nous avons de bonnes requêtes ».

 

Les conditions de recevabilité (Anna Austin)

Le cadre est fixé par les articles 1, 34 et 35 de la CEDH, et Anna Austin et ses collègues à la CEDH  se demandent, si autant de requérants, même des avocats ignorent ces articles ( !!).

Elle classe les règles de recevabilité en 4 groupes:

1.     Délais

6 mois à compter de la date de la décision interne de l’acte critiqué jusqu’à la 1ère lettre adéquate du recourant.

2. Epuisement de la voie interne (selon article 35.1 CEDH)

« On n’est pas là pour protéger les droits de l’Homme, mais pour faire que les Etats membres respectent les droits de l’Homme »

Voici une perle de jurisprudence, que le profane ne comprend guère ! Où est la différence?

Le requérant doit avoir rempli tous les besoins procéduraux internes, notamment avoir respecté les délais. Il doit avoir été disponible à la justice, et avoir joui d’un recours efficace (cela comprend entre autres, en cas de besoin l’assistance d’un avocat d’office).

Mme Austin parle de la chance raisonnable de succès, et cite des cas, dans lesquels des Etats ont continuellement ignoré des requêtes.

La requête doit être détaillée.

Elle parle du risque qu’un dossier puisse être détruit par malentendu, si la Cour n’a plus rien entendu du recourant pendant une longue période, et elle recommande d’écrire tous les 2 à 3 mois à la Cour après son 1er envoi. Elle se prononce comme ça à ce sujet, sans se baser sur un quelconque article de la CEDH ou du règlement!

 

 

 

 

Le recourant doit aussi avoir fait la démonstration qu’il a été affecté directement par la violation. Cependant, il y a aussi la question des victimes

     potentielles et des victimes indirectes (par exemple les membres de la famille

     d’une personne décédée).

Il faut mentionner aussi des actes ou des omissions de la part d’un organe d’Etat.

Les termes d’incompatibilité ratione personae, ratione materiae et ratione temporis sont mentionnés.

Finalement, la présentatrice précise qu’on ne peut pas abuser de la CEDH en l’utilisant pour un abus.

3. Ratio loci

C’est la responsabilité d’un pays pour ce qui s’est passé.

4. Recours manifestement mal fondé

Ce critère flou et élastique n’est pas développé bien loin.

 

Mme Austin ajoute un 5ème facteur de classement:

« Harcèlement » répétitif, et requêtes identiques.

 

Pour laisser un espoir aux recourants frustrés, Mme Austin précise pour finir son discours, que l’apparition d’un fait nouveau pertinent qui n’avait pas été remarqué par la  Cour, ou qui n’a pas été soulevé par le requérant peut faire rouvrir exceptionnellement un dossier.

 

Discussion

La juge Tulkens définit encore une fois le délai des 6 mois pour le recours à la CEDH: il court à partir de la décision finale interne et définitive, officiellement notifiée.

La juge Tulkens répète: « Nous ne sommes pas une 4ème instance ».

Elle soulève, qu’une très grande partie des recours sont rejetés à cause du critère (flou et élastique), qu’ils auraient été manifestement mal fondés.

 

L’avocat Hans Hurter intervient dans la discussion, et il décrit un dysfonctionnement concret de la CEDH, ayant rejeté un de ses recours moyennant la fausse allégation que ce recours aurait été interjeté tardivement, et il pose la question, où s’adresser pour faire régler un cas de dommage en responsabilité civile, causé manifestement par la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

Il mentionne que ce dysfonctionnement est documenté sur le Site Internet www.swissjustice.net/direct, affaire LU102 de l’initiative des citoyens APPEL AU PEUPLE.

Tous les regards sont fixés sur cet intervenant, et au moment où il mentionne APPEL AU PEUPLE, l’atmosphère dans la salle s’anime: il y a des rires cyniques, mais aussi des signes d’approbation. A la fin de cette partie du

 

 

 

séminaire, un avocat schwyzois  demande l’adresse exacte du Site, qu’il veut explorer.

Devant la question embarrassante de l’avocat Hans Hurter, la Juge Tulkens se tire de sa  position délicate par une pirouette: « Déontologiquement, il n’est pas possible d’évoquer des cas individuels ». Ce qui est en contradiction avec le déroulement du séminaire: les présentatrices n’ont eu cesse de citer des cas précis comme exemples. On argumente donc sans aucune logique.

Pour adoucir le choc, Madame la Juge ajoute: « La Cour non plus n’est pas à l’abri des erreurs ». Remarque: Mais elle refuse catégoriquement de les reconnaître et de les corriger!

Encore dans le but d’adoucir les coups et blessures, la Juge Tulkens donne une leçon selon laquelle des demandes de révision sont possibles dans le délai de 6 mois après un arrêt, et de 1 mois à partir d’une décision de non-recevabilité.

 

2.     La pause de midi/repas

Jusqu’à ce stade, l’action « Cheval de Troie » s’est déroulée sans incident, à la grande surprise de Gerhard Ulrich, habillé de façon soignée pour l’occasion, et portant en permanence des lunettes. Pour ne pas provoquer sa découverte,   Messieurs Hurter et Ulrich choisissent une des tables rondes en marge de la grande salle du restaurant. Les convives de cette table se touchent la main. C’est Alex Staub, Président du Tribunal pénal fédéral de Bellinzone, assis à la droite de Gerhard Ulrich, qui prend cette initiative de politesse.

Par prudence, ce dernier participe plutôt comme auditeur à la discussion autour de la table. Le repas composé de 3 couverts est léger et convenable.

L’avocate Cornelia Heinz-Bommer de Thusis GR fait le récit philosophique suivant: « Parfois, il est très difficile de comprendre des décisions du Tribunal fédéral, mais nous sommes forcés de faire avec et de s’y plier.  Un juge de l’instance suprême qui a pris,  pendant des années, l’habitude de voir que ses jugements sont non- attaquables,  finit par penser qu’il a toujours raison. A long terme, cela change son caractère ».

 

 

3.     Séminaire « Procédures devant la CEDH » - deuxième partie

La juriste de la CEDH Anna Austin explique le parcours d’une requête avec  schéma à l’appui (html-3).

A la réception d’une requête, un juge instructeur est désigné – d’habitude il s’agit d’un juge originaire du pays concerné, qui l’oriente vers le comité et choisit les 3 juges qui vont former le comité chargé de décider de la recevabilité. On comprend, que le juge instructeur, originaire du pays

 

 

 

attaqué va aiguiller, dès le début l’affaire, dans le sens qu’il veut bien lui donner.

Est-ce que le rapporteur aurait-il mal compris?

 

Le 3 juges du comité doivent prendre leur décision à l’unanimité, pour rejeter une requête, autrement la cause est soumise à une Chambre composée de 7 juges.

Mme Austin admet: « Il est vrai que les réponses de non-recevoir sont sommaires, mais c’est la politique de la Cour pour la désengorger, puisque cela permet de liquider de nombreuses affaires ».

Désormais, un juge unique pourra traiter et liquider des requêtes répétitives, pour accélérer la procédure.

 

La juge Tulkens rappelle que les juges peuvent se renseigner auprès des parties pour approfondir l’enquête. Est-ce que Strasbourg consulterait la partie contractante, par exemple la Suisse, derrière le dos du recourant, pour se faire assurer qu’on a affaire à un quérulant?

Elle parle ensuite des audiences rares, où les recourants sont entendus. Selon elle, ces audiences ne seraient guère d’utilité, n’apportant que très rarement des informations supplémentaires, ce qui laisse entendre, que la CEDH peut tout aussi bien liquider tout par voie de correspondance.

 

Elle cite les « requêtes clones », provenant par exemple de victimes de la guerre civile de l’ex-Yougoslavie, qu’on essayerait de régler à l’amiable avec les gouvernements concernés.

 

Les arrêts de la  Chambre ne sont pas définitifs si les 2 parties ne les ont pas acceptés. S’il n’y a pas d’accord, l’affaire est transmise à la grande Chambre pour être tranchée.

Selon le programme, encore bien d’autres aspects sont soulevés, comme le terme de « satisfaction équitable » etc..

 

Dans sa dernière leçon, la Juge Tulkens évoque les réformes à venir:

Dorénavant, le comité composé de 3 juges pourra rendre des arrêts sur des affaires  manifestement bien fondées, ce qui permet  une procédure accélérée.

Une nouvelle condition de recevabilité sera introduite (apparemment, Strasbourg n’est pas encore satisfait du taux des rejets des recours): le requérant devra prouver d’avoir subi un préjudice important (encore sujet à une appréciation subjective).

Le Commissaire des Droits de l’Homme pourra intervenir dans les affaires.

Un comité de 5 sages a été créé, pour couver sur des réformes à long terme.

 

 

 

 

4.     Discussions non-officielles de Gerhard Ulrich - Réflexions

Un avocat relève que la Cour Européenne des Droits de l’Homme ne corrige pas des jugements erronés, elle blâme seulement des fautes de procédure (fair trial).

Réflexion d’un profane: Selon la conception millénaire, la tâche première du juge est la recherche de la vérité. Mais ni le Tribunal fédéral, ni la Cour Européenne des Droits de l’Homme ne sont dévoués à ce but. Ce ne sont donc pas des juges, mais des juristes, qui appliquent la loi dans un monde virtuel.

De plus, 80 % des jugements erronés sont probablement dus à la paresse ou à la sottise. De tels mauvais jugements de première, et éventuellement de deuxième instance, ne sont donc pas corrigés par la suite, si ce juge paresseux et/ou sot n’a pas commis une faute de procédure.

Exemple concret : le juge qui a entendu des témoins à décharge, mais qui n’attache aucune importance à leurs dépositions en faveur de l’accusé, ne risque aucun blâme. Il  doit seulement ne pas avoir oublié de les citer!

Nos juges fédéraux et européens pensent donc, que les citoyens ordinaires doivent avaler l’affront d’être condamnés à tort par des idiots médiocres! Hélas, APPEL AU PEUPLE ne l’entend pas de cette oreille!

 

Gerhard Ulrich a attendu le moment propice pour pouvoir s’entretenir seul avec les 3 fonctionnaires de Strasbourg. Il se présente comme le fondateur de l’initiative des citoyens qui combat le dysfonctionnement de la justice, et qui a été mentionnée pendant la discussion du matin. Il s’adresse à la Juge européenne Françoise Tulkens:

« Madame la Juge, j’ai écouté attentivement vos présentations, et force m’est de constater que vous vivez dans un monde virtuel, qui est tout autre que celui avec lequel je suis confronté, quand j’écoute les victimes des dérapages judiciaires. Ce matin vous avez utilisé le terme « sensibilité », et je pense que le point essentiel est là. Si vous êtes réellement intéressée, vous pouvez visiter notre Site Internet, et à cette fin, je vous transmets notre communiqué adressé à tous les membres du Conseil de l’Europe, en date du 13.05.06, qui évoque le cas tragique de Damaris Keller. Au bas de cette feuille vous trouverez l’adresse de notre Site Internet central  ».

Madame la juge fait semblant d’être intéressée – était-elle sincère? Après toutes ses expériences avec les juges et leur monde virtuel, le rapporteur a le droit d’en douter.

 

Gerhard Ulrich a renoncé à approfondir ses pensées, mais il aurait bien voulu rendre la Juge Tulkens attentive au fait que son caractère a probablement été altéré par cette habitude qu’ont les juges suprêmes de croire qu’ils ont toujours raison. Au lieu de prétendre que les recourants n’ont pas compris les critères élastiques et non contrôlables d’admission de leur recours, aboutissant à un rejet de 9 sur 10 requêtes, les fonctionnaires de la CEDH pourraient tout aussi bien chercher la cause de ce gâchis de

 

 

 

travaux écrits destinés à la poubelle, dans leur propre fonctionnement d’hommes de loi  vivant en vase clos sur la lune,  qui démolissent allègrement la santé et la vie d’autant de personnes désabusées, tout en se croyant, dans leur arrogance, efficaces et dignes.

De plus, Madame Tulkens devrait savoir que le prétexte que la Cour Européenne des Droits de l’Homme ne serait pas une 4ème instance, ne tient pas la route. Alors, qu’est-elle?

Le facteur critique pour examiner la recevabilité réside dans le point „Recours manifestement mal-fondé“. Le séminaire n’a rien apporté pour prévenir  les participants/avocats de produire à l’avenir moins de recours pour la poubelle. Et pour le surplus, un recours soumis par un homme qui n’est pas doué pour rédiger un tel texte peut être parfaitement justifié. La justice ne devrait pas dépendre de l’intelligence du requérant ou de celle de son avocat puisque même les handicapés mentaux peuvent avoir recours, selon l’oratrice, à la Cour Européenne.

D’ailleurs, il faut présumer que le  taux des recours admis est en réalité encore beaucoup plus faible que ce que les conférenciers ont laissé entendre (rejet de 80 à 90 %). L’avocat bernois, Hansjürg Schläppi a précisé récemment par écrit qu’en 2005, 96.65 % des recours à la CEDH ont été rejetés.

Vous autres Juges, souvenez-vous que votre devoir premier doit être, depuis les temps de Salomon, la recherche de la vérité. Il n’y a pas de paix sans justice, et la justice doit se baser impérativement sur la recherche de la vérité. Si vos 5 sages du Comité nouvellement créé pour réfléchir au sujet des réformes à long terme veulent réaliser quelque chose de valable, ils doivent  forcer les juges suprêmes de ce monde à chercher la vérité, et à ne plus agir comme des marionnettes qui s’occupent de règles de procédures dans un monde virtuel, en produisant des juges de première instance médiocres et paresseux.

Imaginez l’hypothèse que la CEDH renverserait la vapeur, et qu’au lieu de rejeter 80 % des recours, elle en accepterait autant. Les instances inférieures le comprendraient immédiatement, et  rendraient automatiquement des jugements de meilleure qualité. Le nombre des recours chuterait par la suite, et la CEDH serait déchargée de façon conséquente. On peut même émettre l’hypothèse, qu’un doublement du taux d’acceptation des recours entraînerait une diminution de la moitié des requêtes à venir.

APPEL AU PEUPLE connaît une demi-douzaine de condamnations à de longues peines d’emprisonnement, rien qu’en Suisse, sans preuve et sans aveu. La CEDH pourrait en finir avec de tels agissements arbitraires, en mettant un verrou par sa jurisprudence.

 

 

 

 

 

 

 

5.     Clôture de la journée par l’allocution de la Conseillère fédérale, Micheline Calmy Rey

Le séminaire s’était terminé à 16.30, et il restait 90 minutes à attendre jusqu’à l’arrivée programmée de Madame la Conseillère fédérale. Pendant ce temps, l’Assemblée des Délégués de la Fédération suisse des avocats avait lieu, et pour des raisons évidentes, Gerhard Ulrich s’est effacé au coin d’un Bar de l’Hôtel pendant ce temps, regardant déambuler des hommes de loi qu’il connaît trop bien tandis qu’eux-mêmes risquaient de le repérer aussi. Plusieurs fois, les juges fédéraux Aemisegger et Corboz ont déambulé dans les environs, sans pour autant déclencher l’alarme.

Vers 17.45, l’intéressé s’est discrètement déplacé dans le Lobby au sous-sol de l’hôtel, devant la salle où Madame la Conseillère fédérale devait délivrer son allocution, s‘installant dans un coin,  pour étudier une brochure.

Peu avant 18.00, un huissier invita les gens présents à aller prendre place à l’intérieur de la salle. Ulrich suivait en queue, et s’est assis sur une chaise de l’avant-dernier rang, à droite de la salle.

Il a pu observer l’arrivée de la « fleur »  du monde politique et judiciaire de la République et Canton de Genève, entre autres, le Procureur général Daniel Zappelli, tandis que l’invitée d’honneur principale devait arriver avec un léger retard de 10 minutes.

Tout à coup, Ulrich entend une voix derrière lui, annonçant une « information dénonçant la violation des Droits de l’Homme », et se trouve brusquement nez à nez avec son camarade de combat Daniel Conus. Celui-ci, faisant le poids de 1000 militants contre l’injustice, a eu l’audace d’entrer dans la salle pour distribuer des tracts, des copies de la lettre ouverte en français/allemand, adressée à Madame Micheline Calmy-Rey pour cette occasion (html-4). Daniel Conus n’avait pas reconnu Ulrich non plus ! Il comprend cependant  très vite, se détourne et continue à zigzaguer entre  les rangs pour distribuer assidûment les tracts, dont il porte une pile sur son avant-bras gauche. Tout le monde se sert. Quelques personnes le rattrapent même pour lui en redemander. Seuls Aemisegger et une autre personne refusent le tract. Le spectacle est impressionnant: Tout le monde attend la Conseillère fédérale et une bonne partie de l’audience en train de lire notre tract!

Cependant, Ulrich craint que cet acte audacieux n’alarme finalement les organisateurs. C’est en effet ce qui se produit. Un membre du comité d’organisation (reconnaissable à son badge spécial) l’accoste soudainement, et le demande en Schwiizertütsch, s’il est membre de la Fédération. Il lui réponds que non, mais qu’il est régulièrement inscrit comme participant en qualité de stagiaire, et sort son badge, pour le fixer au revers de son blazer. L’homme ricane « Ah ! Stagiaire ! » et s’éloigne pour ainsi dire au pas de course: pour régler cette situation délicate, il ne reste que quelques minutes avant l’arrivée de Madame Calmy-Rey.

Mais ce règlement tarde à se réaliser. Ce qui  s’explique: l’organisateur monte au rez-de-chaussée, et fait venir 2 agents de la sécurité de l’hôtel. Qui

descendent aux sous-sol, et rencontrent Daniel Conus avec ses tracts sur le bras. Ils se rabattent sur lui, et l’invitent à les suivre. Or, Daniel Conus a la fâcheuse habitude d’entamer une discussion avec tous ceux qui l’abordent, gendarmes ou agents de sécurité inclus, et ainsi, cela dure quelques minutes avant qu’il ne monte à l’étage. En apercevant les 3 hommes, l’organisateur s’écrie: « Mais, ce n’est pas Ulrich! Il est dans la salle! Il faut absolument le chercher tout de suite! ». Daniel Conus réplique: « Mais non, Ulrich n’est pas dans la salle, il viendra seulement à 7 heures ». Paniqué, l’organisateur se lance seul sur la piste. Il aborde Ulrich avec le ton d’un homme  habitué à commander: « Monsieur Ulrich, je vous prie de me suivre. Nous devons nous expliquer ». Celui-ci répond tranquillement qu’il sera volontiers disponible dès la fin de l’allocution de Madame la Conseillère fédérale. « Venez, cela va prendre seulement 2 à 3 minutes ». Refus. « Alors, je vais chercher la Police ». Ulrich répond calmement: « Mais faites ! faites ! ». Des têtes se retournent. Finalement les 2 agents de sécurité se dressent aux côtés du rapporteur et le somment à voix basse de les suivre. Celui-ci répond sereinement qu’il respecte le fait qu’ils doivent faire leur travail. Les deux agents  se réjouissent déjà visiblement que leur mission semble si  facile à exécuter, mais doivent se détromper lorsqu’ Ulrich ajoute : « Je vous ai dit que je respecte le fait que vous deviez faire votre travail, mais, moi j’ai aussi le mien à faire ici. Donc, je reste ». Les 2 gars se regardent, pour s’accorder sur leur attitude commune.

A ce moment précis, la délégation de Madame la Conseillère fédérale entre dans la salle, et elle la traverse, encadrée par 2 huissiers aux  couleurs de la République et Canton de Genève. Le public présent se lève, rendant ainsi hommage à la représentante de la Confédération. Ulrich hésite, mais comme Micheline Calmy-Rey représente l’autorité suprême du pays,  il se lève également. Les agents de sécurité profitent pour le saisir alors   sous les épaules et le tirent vers la sortie. La Conseillère fédérale doit avoir atteint entre-temps l’opposé de la salle, mais Ulrich l’a perdue de vue. Il s’est laissé choir dans les bras des agents qui le tirent, et laisse traîner ses jambes par terre, toujours face au public. Il exploite ces quelques secondes pour scander dans la salle silencieuse: « Est-ce que vous pouvez encore bien dormir avec tous ces dysfonctionnements que vous causez? ». Les têtes se retournent. Quelqu’un ferme la porte de la salle. Ulrich est relâché, mais prié de se faire accompagner à la sortie. Les 2 agents ne veulent pas  croire que les lois sont violées en Suisse par les magistrats. Ulrich leur donne des tracts et leur suggère de visiter le Site Internet d’APPEL AU PEUPLE.

Ulrich rejoint la petite équipe autour de Daniel Conus. Un nombre de militants très restreint a été mobilisé, pour conserver d’une part le secret pendant la phase de préparation de cette opération « Cheval de Troie », et pour ne pas entraver la distribution des tracts, d’autre part, par la police sous  prétexte qu’il s’agirait d’une manifestation non-autorisée.

 

 

Les combattants non-violents d’APPEL AU PEUPLE ont ensuite encore patienté une bonne heure, attendant la sortie de la Conseillère fédérale. Il est environ 19 h 30, quand Gerhard Ulrich transmet à Madame Micheline Calmy-Rey en mains propres, la lettre originale qui dénonce l’injustice commise aux dépens de Damaris Keller (html-5). Un flash immortalise cet instant historique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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