|
Rita Hug 18333 C M.A.F., Centre pénitentiaire BP 297 F-83008 Draguignan Tribunal de Grande Instance Madame Colette Martin Mounis, Vice-Présidente, Palais de justice F-83300 Draguignan Draguignan, le 26.08.05 Requête de
mise en liberté provisoire Madame
la Présidente, Depuis le meurtre de mon mari, Martin Staub, le 30.09.03, je suis ici
en détention préventive, bien que j’aie toujours clamé mon innocence. Cela
fera bientôt 2 ans. Tout de suite après le meurtre, j’ai été accusée d’avoir
exécuté le crime de mes propres mains. Quand les 2 meurtriers ont été écroués
plus tard, on a insinué tout simplement que j’aurais commandité un
assassinat. Aujourd’hui encore, l’accusation dans mon dossier se limite au
terme « assassinat », sans aucune précision. Pour quelles
raisons, l’instruction poursuit-elle exclusivement cette piste, bien qu’une
autre hypothèse s’impose selon mes connaissances actuelles très rudimentaires
du dossier (voir points 7 – 9) ? Les conditions de détention sont infernales pour
moi. En été, le thermomètre monte au-dessus de 40° C dans ma cellule de 8 m2.
Puisque je n’ai que très rarement des visites, étant une étrangère solitaire,
je n’ai pas de possibilité de faire
laver correctement mon linge. La plupart des détenues ont des tendances
racistes à mon égard, car je proviens d’un tout autre milieu qu’elles.
Quotidiennement je suis exposée aux pires provocations et humiliations, même
en présence des surveillants. Je suis atteinte moralement et physiquement
dans ma santé (fibrome dans le bas-ventre/grandeur pamplemousse, nodules au
cou). Cela ne sont que quelques exemples de ce que je dois endurer ici. D’ici
au procès, qui n’a pas encore été fixé, j’ai le droit légalement garanti de
la présomption d’innocence (article 6.2 de la Convention Européenne
des Droits de l’Homme). Mes réserves d’argent ont été consommées par 5 avocats successifs (au
total ~ Euros 80'000, voir pièce 17). Pour cette raison, j’invoque l’article
6.3.c CEDH, afin de pouvoir me défendre moi-même, jusqu’à nouvel avis. Si je
trouve un avocat de confiance et le financement nécessaire par la suite, je
me ferai défendre de nouveau par un conseil professionnel, et si besoin est,
par un avocat d’office. Evidemment, il me serait plus facile de maîtriser ces
problèmes en liberté provisoire plutôt que dans l’isolement d’une cellule de
prison. Mes avocats qui m’ont représentée jusqu’à ce jour
n’ont pas réussi à imposer l’instruction à ma décharge, bien qu’il y ait
beaucoup d’éléments à disposition (voir motivation de ma requête de mise en
liberté provisoire ci-jointe). Il s’agit d’un droit élémentaire de tout
accusé. Mes avocats n’ont jamais fait avancer mon projet d’être libérée
provisoirement. Malheureusement, il n’est pas possible dans le
centre pénitentiaire de Draguignan de conserver les dossiers judiciaires en
un endroit sûr, et d’y accéder régulièrement pour l’étude. Enfin, je n’ai pas la possibilité de consulter mes
dossiers personnels, par lesquels je pourrais corroborer la preuve que je
n’ai pas eu de mobile matériel pour commettre le crime. Mes évidences
bancaires et mes pièces comptables/fiscales, nécessaires pour cette démarche,
sont en allemand et se trouvent en partie en Suisse, et en partie à mon
dernier domicile en France. Une tierce personne ne pourrait guère m’assister. Je requiers donc ma mise en liberté
provisoire immédiate, sur la base de l’article 6.3.b CEDH, afin de disposer
du temps et des facilités nécessaires à la préparation de ma défense. Subsidiairement,
je requiers que l’enquête soit enfin étendue à des mesures d’instruction à ma
décharge, et d’obtenir enfin mon droit d’être entendue. Selon l’article 6.3.d
CEDH j’ai le droit d’interroger ou faire interroger les témoins à charge et
décharge. Les conditions pour le maintien de ma détention préventive ne sont pas
remplies. Celle-ci ne se justifie ni pour des besoins d’enquête, ni en raison
du risque de collusion (Je ne m’allierai certainement pas avec des gens qui
m’ont manœuvrée dans cette situation abominable). Le risque de fuite existe
encore moins après la saignée financière complète que j’ai subie. Et si je me
sauvais vers mon pays d’origine, la Suisse, je serais immédiatement arrêtée
de nouveau. L’assistance judiciaire entre la France et la Suisse fonctionne
sans faille. Dans l’annexe de cette lettre, vous trouverez ma motivation détaillée
de cette requête de mise en liberté provisoire (1 – 7), la justification de
ma requête pour des mesures d’enquête utiles à décharge (8 – 11), ainsi que
les sécurités qui sont garanties (12). Je vous prie de trancher mes requêtes
dans les meilleurs délais. Je suis enfermée ici 1 an et 11 mois de trop, à
cause des fautes commises par mes anciens avocats, auxquels j’ai été livrée
sans défense. Veuillez agréer, Madame, Monsieur, mes sentiments
distingués. Rita
Hug Bordereau des pièces Motivation de ma requête de mise en liberté provisoire/mesures
d’enquête à ma décharge, avec les pièces suivantes à l’appui : 1 a Mon mémoire du 18.11.04 en allemand 1. b Mon mémoire
soumis au juge d’instruction le 18.11.04 – traduction française approximative
14 a) Contrat d’emploi
comme secrétaire de la Corporation de Weggis du 12.09.79 b) Certificat de travail du Dr med. H.H.
Brunner, avec traduction française au verso 15. Certificat
d’emploi du 01.12.94 de la commune de Thal SG/CH comme officier d’ Etat civil, avec traduction française
au verso 16. Lettre du 13.07.04, adressée au Garde des sceaux de la République française, Dominique Perben, signée par 35 amis/connaissances suisses 17. Récapitulation des honoraires d’avocats payés jusqu’à ce jour pour ma défense dans l’affaire en cours 18. Inventaire de succession de Martin Staub révisé – bientôt disponible; sera soumis prochainement 19. a – d Promesses d’emploi 20. Carte de séjour 21. Attestation de co-propriété de l’immeuble à Fréjus 22. Extrait de compte du Crédit Suisse, Minusio TI/CH du 09.09.03 23. Requête de mon 2ème avocat adressé au juge d’instruction Guissart du 18.02.04 avec e- mail du Dr Tenchio à Madame Christine Theiler du 19.02.04 Motivation de ma requête de mise en liberté
provisoire Le contenu complet de mon mémoire, soumis au juge
d’instruction le 18.11.04, est reproduit en caractères italiques (pièce 1). Les précisions complémentaires
que je produis aujourd’hui sont imprimées en caractères non-italiques. Ainsi,
le lecteur a ma version complète des faits en une seule pièce. Les points 1 – 3 reflètent le contenu de mon
mémoire mentionné. Il s’agit d’une traduction approximative. La version
allemande fait foi. 1. Auto-biographie (« Eléments
personnels ») Née le 30
novembre 1955 à l’hôpital St. Anna de
Lucerne en Suisse, fille unique de Johann Josef Baptist Hug et Anna Jurt de
Weggis (Lucerne). J’ai grandi et
je suis allée à l’école jusqu’en seconde (6 ans d’école primaire et
2 ans d’école secondaire) à Weggis,
j’habitais dans une villa sur les bords du Lac des Quatre-Cantons, à la
Gotthardstrasse à Weggis. J’étais une
jeune fille très aimée et gâtée; j’avais un petit voilier et un cheval. Nous
avons toujours eu des animaux, car mon père était chasseur amateur. Il nous a
apporté souvent des animaux blessés à soigner. Ma jeunesse a
été très belle – à 15 ans, institut pour jeunes filles. A 16 ans,
apprentissage commercial à Lucerne. A 19 ans, j’ai obtenu mon diplôme, suis
partie à l’étranger (Irlande, Brésil), puis suis rentrée à Weggis ayant appris que ma mère était atteinte
d’un cancer. Le plus grand souhait de ma mère était de me voir mariée et
d’assister à mon mariage, je me suis mariée. Ma mère a encore pu
participer aux noces. J’ai travaillé du 01.06.77 au 28.02.78 comme
secrétaire unique chez Anello AG (pièce 13). Mon employeur a eu un grave
accident, et l’entreprise a dû fermer. Ma mère est
morte, et j’ai renoncé à son héritage en faveur de mon père (après que ma
tentative de régler la succession à l’amiable ait échoué – pièce 6). Nous
avons quitté la villa paternelle, bien qu’il y ait un petit appartement
séparé pour nous, puisque la petite amie de mon père, devenue sa 2ème
épouse y emménageait. Après 18 mois
environ de vie commune (1978 - 81), j’ai divorcé à l’amiable (pièce 3).
Citation du jugement de divorce qui ne compte que 4 pages du 19.01.81: « Le Tribunal a
acquis la conviction que les liens de mariages entre les deux parties sont
détruits selon l’art. 142 CSS (lien conjugal profondément atteint), et qu’il
y a lieu de le dissoudre sur requête des deux parties (ZB 1, 2). Les
conventions entre les parties ont été examinées par le Tribunal, qui les
approuve comme étant circonstanciées. Leur convention du 19.01.81 peut être
confirmée par les juges. … 2.
La convention des parties
du 19.01.81 est agréée par les juges comme suit: 2.1.
La défenderesse renonce à
des pensions alimentaires 2.2.
Les parties conservent
comme propriété les objets qu’ils ont déjà en leur possession respective.
Ainsi, toute prétention concernant les biens est réglée ». Il ressort clairement de cet extrait de jugement
qu’il s’agissait d’un divorce à l’amiable. Je travaillais
à mi-temps en tant que greffière d’une corporation (pièce 14 a), et à mi-temps aussi chez un docteur en
médecine, H.H. Brunner, président de la Chambre des médecins suisses (pièce
14 b). Le soir et les week-ends, je
travaillais dans l’entreprise de mon père. Il avait une imprimerie et un
chantier naval dans lequel il était associé : tours guidés avec des
groupes de touristes, monitrice de conduite de bateaux à moteurs, commerce de
bateaux Accessoirement, j’étais également inscrite à l’ESCEA
(Ecole Supérieure de Cadres pour l’Economie et l’Administration), spécialisée
dans le domaine de l’administration. Obtention d’un diplôme. J’ai travaillé
10 ans à Weggis, où j’avais acheté une petite maison. Le Dr Brunner a fermé
son cabinet médical, et l’associé de mon père a vendu son affaire. J’ai vécu et
travaillé à mon lieu d’origine Weggis LU/CH jusqu’à l’âge de 34 ans. Je me suis donc
installée sur le Lac de Constance, où je travaillais. Dans un
premier temps, j’ai travaillé pour une entreprise de la construction, comme
assistante du propriétaire. Suite à la faillite de l’entreprise, j’ai été
forcée de changer, et je me suis fait engager par la commune de Thal SG/CH. J’étais fonctionnaire supérieure, officier
d’Etat civil, chef de section, et chef de l’office communal de la protection
civile (pièce 15). Nous avons
acheté alors avec mon père une grande villa avec des écuries, une piscine, un
terrain de 3 ha et une forêt. J’ai vendu
ma maison de Weggis, et investi l’argent dans une autre maison en
Suisse orientale, maison que j’ai
rénovée et louée. Plus tard je l’ai revendue. J’avais 38 ans,
lors que j’ai connu un homme (Beat Adolf) que j’ai épousé le 30.11.1993. Dès les premiers mois de mariage,
j’ai connu, à St. Moritz GR/CH, où j’avais un appartement de vacances,
Monsieur Martin Staub, et je me suis séparée de mon mari, étant tombé
amoureuse de cet homme. Divorce à
l’amiable (pièce 4). Extrait du jugement de divorce du 31.05.95
(traduction): 1.
(Requête commune de
divorce) 2.
Les parties renoncent
mutuellement à des pensions alimentaires selon art. 151/152 CCS. 3.
Les parties déclarent
d’avoir réglé la répartition des biens conjugaux. De ce document ressort de nouveau, que je me suis
divorcée une 2ème fois à l’amiable. J’étais
convaincue d’avoir trouvé « l’homme de ma vie », et bien décidée à
vivre à ses côtés et à partager ses idées et son mode de vie : changer
ma vie. Il ne venait
que les week-ends, et nous passions notre temps avec les chevaux de course.
Puis, il m’a laissé m’occuper de ses chevaux à plein temps. Je les entraînais
le soir après mon travail. Il m’a alors
emmenée dans une de ses maisons à Riken/Murgenthal AG/CH, une vieille maison, une ferme en ruines avec du terrain. Il
désirait que je m’installe à Riken, localisé au milieu de la Suisse, qui était plus près des champs de course.
Le Lac de Constance était beaucoup trop éloigné. M. Staub a hérité et
dirigeait une entreprise à St. Moritz GR/CH avec son frère (construction de fours, en pierres naturelles,
cheminées, assainissements de cheminées – entreprise familiale depuis des
générations). Son fils s’y était
également engagé. Il continuait à y
travailler, sans rien changer de ses habitudes, et les chevaux de course demandant un très grand engagement
personnel et financier, j’ai donné mon congé à mon employeur (avec 6 mois de
préavis), et me suis installée à Bever/St. Moritz, où je travaillais pendant
la saison d’hiver comme administratrice de la Banque Raiffeisen. Je m’occupais
de M. Staub et de ses deux fils, je soignais les chevaux et aidais à les
entraîner. Sa fille était restée avec sa mère. Le 1er mai 1995, je me suis installée à Riken et j’ai
loué ma maison sur le Lac de Constance. Mariage le 07.02.98 à St. Moritz. Au début, j’habitais de décembre à mars dans
l’Engadine GR/CH chez mon futur mari, et d’avril à novembre à Riken AG.
Toujours avec les chevaux de course. Mon mari me rejoignait tous les
week-ends. La maison à
Riken fut considérée par le canton comme inhabitable – ordonnance de
démolition, sans reconstruction, car dans une zone agricole protégée. Il
fallait que je sois sur place pour obtenir un permis de reconstruire. J’ai
donc vécu dans un mobil-home, puis dans une construction provisoire pendant
cinq ans. Nous avons obtenu un permis de construire au cours de l’hiver
2000/2001. Aujourd’hui,
c’est une superbe propriété avec écuries modernes, stand de détente, parcages à larges
vues, des abris, 2 ha de terrain, caméras de surveillance etc.. Je me suis occupée non seulement
des chevaux (4 – 6 chevaux), entraînement, entretien, mais je faisais
également, avec un homme âgé, payé à l’heure,
les travaux dans la maison : démolition des murs, du sol,
bétonnage, clôture des pâturages, couverture du toit – après démolition, tous
des travaux physiques, très lourds! Mon mari me donnait CHF 2'000 (Euros
1'300) par mois avec lesquels je devais être indépendante,
c’est-à-dire : payer les assurances accidents, responsabilité
civile, invalidité, maladie,
automobiles, maison, retraite; téléphones et fax, médecin, vétérinaire,
entretien de mes maisons à Thal-Staad SG et Amlikon TG/véhicules, nourriture, coiffeur, habits, service, impôts voitures/camion, impôts généraux, taxes, abonnements, mobilier
de bureau, ordinateurs, TV, …. Cette
somme étant loin de suffire, j’ai dû vivre sur mes économies personnelles. Pour me
remercier de cette « participation », mon mari m’a accordé sur le
registre foncier de Riken un droit d’habitation à vie, gratuit (registre
foncier à Zofingen AG). J’avais
beaucoup investi dans cette maison, personnellement. Mon père, Josef Hug, est mort le 21.02.00 à Weggis
LU. J’ai renoncé à mon héritage en faveur de la 2ème épouse de mon
père (pièces 7 et 8). J’ai habité de
décembre à mars à St. Moritz-Bever, chez mon mari avec les chevaux; puis
d’avril à novembre à Riken avec les chevaux de course. Mon mari habitait
toujours à St. Moritz et venait les week-ends à Riken. Son désir était
de faire des courses de trot en France; nous avons commencé à participer à
des meetings à Cagnes s/Mer (hippodrome). J’ai acheté
alors un petit appartement avec mon argent à Cagnes s/Mer, je suis venue avec
les chevaux que je soignais et entraînais à l’hippodrome, mon mari ne venant que les week-ends et
pour les courses. J’ai alors commencé à faire la navette avec 4 – 6 chevaux
entre St. Moritz en hiver, Riken au printemps et en automne, et Cagnes s/Mer
l’été, loin de mes origines et de mes amis. Nous avons trouvé la propriété de Fréjus: terrain, écurie, ferme, champs d’entraînement, pâturages, et étions sûrs d’avoir trouvé … le paradis sur terre… . Nous avons acquis ce haras et domicile de vacances pour le prix de FF 1'200'000. J’ai vendu mon appartement à Fréjus, et j’ai investi cet argent comme ma part à la propriété de Fréjus. Je pensais que Fréjus remplacerait Riken, mais mon mari ne voulait
pas quitter Riken. Nous avons acheté Fréjus le 09.07.01. La maison
Fréjus n’étant pas habitable, je m’installai de nouveau dans le mobil-home pour quelques mois. De nouveau, improvisations, rénovations … Le 07.09.01, je retournai en
Suisse avec les chevaux, et là je me fracturai le pied en travaillant. Je
n’ai pas voulu rester à l’hôpital, et je suis rentrée à la maison avec un
plâtre, pour continuer à m’occuper des animaux. Nous avons décidé de nous
défaire des chevaux vu ma difficulté à m’en occuper avec des béquilles, et
les avons placés temporairement chez un entraîneur professionnel. Nous n’en gardions que deux: mon élevage
personnel Kaba et un vieux cheval usé que nous aimions beaucoup. En octobre
2001: thrombose à cause du plâtre. Hiver 2001/02 mon mari m’a mise à Fréjus avec toutes mes affaires, et très limitée par ma santé, j’ai accueilli nos meilleurs chevaux,
Icarius et Kalin pour m’en occuper. Plusieurs victoires à Cagnes s/Mer et Marseille.
Mon mari venait régulièrement pendant les week-ends ou même pour
l’entraînement final le mercredi soir,
de plus en plus accompagné de sa voisine, femme de ménage et amatrice de
chevaux, Martina Sonder. Puis, il n’est
plus venu dès fin mars. Dès que le meeting de Cagnes s/Mer a été fini, je
suis rentrée à Riken. En avril 2002,
Martina Sonder a passé trois semaines de vacances à Fréjus avec ses 4
enfants. Elle m’a proposé de venir. Mon mari m’a prise avec lui. Après un
séjour de quelques jours (mon mari devait arriver pour le week-end de
Pentecôte), j’ai été transportée à l’hôpital de Fréjus, puis à l’hôpital de
Berne (Suisse), couverte de traces bleues. La langue, les gencives et les
oreilles en sang. Diagnostic: empoisonnement par overdose massive d’un
médicament (Marcoumar, anti-coagulant), et soupçon d’intoxication au raticide
(voir rapports de l’hôpital de l’Ile/Berne, et
Dr med. Martin Fuchs, Murgenthal AG/CH). Je précise que Mme Sonder travaillait dans une pharmacie
(Kulm-Apotheke) à St. Moritz. Depuis ce jour, je n’ai plus eu de contacts
avec Mme Sonder, mon mari m’ayant fait savoir qu’il demandait le divorce et
que sa nouvelle femme était: Martina Sonder. Conclusions: Nous avions
eu de très bons moments ensemble, liés par l’amour des chevaux, nos projets
communs, nos voyages; mais la distance et nos trop fréquentes séparations
(nous avons vécu un « mariage week-ends ») ont eu raison de cet
amour. Mon accident n’a rien arrangé! Mon mari était tombé amoureux de
Martina Sonder durant l’hiver 2001/02; ils ont habité ensemble dès le 1er
janvier 2003, relation tenue secrète pendant longtemps – Mme Sonder était
mariée avec 4 enfants … . Nous avons eu de nombreuses disputes, j’étais très déçue; nous avons pris chacun un avocat. En
juillet/août, j’ai fait la connaissance de Monsieur Lartigue. Je suis tombée amoureuse de lui. Mon 1er avocat était le Dr iur. Lüthi,
Samedan GR/CH (étude Metzler – Lüthi – Lazzarini), que j’ai contacté, quand
mon mari m’a proposé de divorcer. Il a écrit en mon nom une lettre à mon
mari, par laquelle il demandait, conformément au droit suisse une
participation aux acquêts et des pensions mensuelles de CHF 7'500 (incluant
un dédommagement pour le droit d’habitation gratuit à vie à Riken). Donnant suite à la demande de mon mari, j’ai quitté Riken. Il avait besoin de cette demeure pour sa nouvelle compagne, qu’il rencontrait en secret, alternativement à Riken et à Fréjus (secret pour le mari de Martina Sonder et les gens, mais pas pour moi). Petit à petit, nous avons réussi de surmonter nos
disputes financières (pièce 5). J’ai préféré
laisser à mon mari la maison, qui était le lieu de rencontre avec Mme Sonder;
j’ai donc déménagé définitivement de Riken en octobre 2002, malgré mon droit d’habitation à vie, et je
me suis installée provisoirement à
Fréjus. De cette base, j’ai envisagé de réorganiser ma vie, ce qui
ressort de la convention de divorce du 23.12.02 (= pièce 5). Mon nouvel ami,
Tyrone Lartigue m’a aidée à déménager, puisque mon mari ne pouvait pas le faire à cause de la jalousie
extrême de Martina Sonder. Mon mari est
venu régulièrement à Fréjus, mais Mme Sonder était très jalouse. Mon mari par
exemple devait dormir à l’Hôtel Etap pendant ses séjours à Fréjus ou bien
n’était pas autorisé à arriver seul! Mon mari est venu
à Fréjus du 19 au 23 décembre 2002 pour quelques jours de vacances. A
l’occasion de ce séjour, nous avons établi notre convention de divorce, et
j’ai renoncé officiellement par écrit à mon droit d’habitation à vie à Riken.
J’ai aussi signé une déclaration,
renonçant aux prestations de l’assurance-vie. Quelle épouse, ayant planifié
un assassinat commandité de son mari aurait-elle renoncé à une prestation
d’assurance-vie de son mari ? J’avais déjà renoncé à mon droit
d’habitation à vie à Riken au mois de septembre 2002 (pièce 9). Nous avons réglé le partage des chevaux. Nos accords financiers en vue du divorce étaient les suivants:
Au comptant, il me rembourserait CHF
187'500 (CHF 200'000 en tout - CHF 12'500 m’ayant déjà été versés au
mois d’octobre 2002), dont: Euros 13'800 fin février, puis Euros 86'000 le 03.09.03 (CHF 130'000) (le manuscrit français porte
par erreur la date du 03.09.03 – la version allemande et la convention de
divorce font foi) et Euros 25'200 qui me seraient payés en plusieurs fois par virements (CHF 37'000). Voir pièce 5. Citations de cette convention de divorce (traduction): « 1.2. Le mari verse à l’épouse le montant de Euros 125'000.- (cent vingt cinq mille Euros). Puisque l’épouse veut se construire une nouvelle existence en France, le mari déclare vouloir régler ces versements comme suit : Euros 13'800 pour l’acompte du notaire le 24 décembre 2002 Euros 11'200 pour l’établissement de l’hypothèque au 31 janvier 2003 Euros 100'000 pour l’achat du terrain selon compromis au 28 février 2003 Le montant de Euros 125'000 correspond environ à frs 187'500. … 1.3. Bien que les époux aient vécu sous le régime des acquêts, et que l’épouse ait contribué de façon déterminante à reconstruire chacune des propriétés immobilières en ruines, pour en faire des biens à part entière, ce qui représente une plus-value substantielle, elle renonce au partage de cette plus-value. » De ces passages il ressort clairement que mon mari et moi-même, nous étions déterminés à régler notre divorce à l’amiable, en dehors des Tribunaux. N.B.: Cette convention (pièce 5) a été intégralement traduite en français par mon avocat suisse et versée dans le dossier. Nous sommes allés inspecter un objet, Le Muy, Chambres d’Hôtes, que nous avons voulu acquérir et remonter ensemble (pour préparer mon autonomie future). Pour ce compte, il a versé en février 2003 Euros 13'800 pour régler le compromis au notaire (perdus, parce que nous, respectivement mon mari, n’avons pas tenu nos engagements). Au mois de mars, il devait verser le reste pour cette acquisition, Euros 111'200. En principe, nous envisagions que la propriété Fréjus nous appartenait ½ à chacun dans un premier temps. Nous avons voulu acheter Le Muy à ½ chacun, et quand les Chambres d’Hôtes commençaient à être opérationnelles, nous avons voulu échanger, avec le but final que Fréjus lui appartiendrait dorénavant à 100 %, et Le Muy à 100 % à moi. La valeur de la moitié de la propriété de Fréjus : Euros
250'000 environ, devait être investie dans l’achat d’un bien que mon mari
pensait acheter au Muy, puis par la suite nous aurions trouvé un arrangement.
Il aurait gardé Fréjus, et moi l’autre bien. Il restait une dette résiduelle de CHF 187'500 (Euros 125'000), voir pièce 5. Plus tard, il (mon mari) m’a expliqué au téléphone qu’il ne pouvait plus investir les Euros 250'000 à cause de problèmes financiers passagers, donc, je devais essayer de trouver une hypothèque et un financement pour ce bien qu’il désirait acheter. Fatiguée de ces changements perpétuels, je lui ai fait savoir que je désirais rester à Fréjus pour y vivre en paix et que nos derniers accords financiers me convenaient. C’est-à-dire que nous partagions la propriété de Fréjus, qui s’y prêtait, puisque constituée d’une maison avec 5 boxes chevaux et d’un appartement avec 5 boxes chevaux. Nous avions d’ailleurs commencé à appliquer ce partage; j’habitais la maison, il habitait l’appartement lorsqu’il venait, et le reste du temps, il le louait à des amis suisses. Je m’occupais aussi des chevaux que nous avions pris en pension. Mon mari n’a pas respecté ses engagements du 23.12.02, et l’achat de l’objet au Muy périclitait fin février/début mars. J’ignore, si mon mari a pu récupérer les Euros 13'800 versés au notaire. Puisque c’était à cause de lui que l’affaire a sauté, j’ai présumé qu’il devait seul assumer les conséquences. S’ensuivit un va-et-vient. Au mois de juillet, nous avons signé une 2ème convention de divorce. Puisque Martin Staub ne pouvait pas me verser le dû restant de la 1ère convention de divorce, il m’a offert sa part de la propriété de Fréjus en compensation, c’est-à-dire, que je devais devenir propriétaire à part entière de Fréjus après le divorce. Ce document ne m’est pas accessible aujourd’hui, mais je présume qu’il se trouve sous les pièces confisquées. Cette 2ème convention a été même traduite en français, pour servir de base pour la transaction à mon nom, à 100 % de la propriété Fréjus au registre foncier. Au mois de juillet 2003, nous avons convenu, de continuer jusqu’à nouvel avis, à posséder et gérer Fréjus conjointement. Manifestement, mon mari avait des problèmes personnels, qui l’ont forcé à changer plusieurs fois ses déterminations. Ainsi nous avons convenu qu’il reprendrait l’appartement contigu. Il l’a loué à des vacanciers. Quant à moi, je l’ai nettoyé et j’ai pris soin de ces locataires. Il avait droit à 5 boxes. – Moi-même, j’ai repris la maison. Je l’ai divisée en 2 unités d’habitations, et louée à un entraîneur de chevaux allemand avec 10 à 16 chevaux. J’avais droit à 5 boxes. – Nous avons exploité les infrastructures conjointement, et je me suis occupée de l’entretien et de la surveillance. Ainsi, nous avons géré les installations conjointement dès juin/juillet 2003. C’est là que Fleury (un agent
immobilier, qui m’a été présenté par Danièle Kindler, amie avec mon mari
depuis 20 ou 30 ans) me parle d’ un
appartement à l’achat, un bien qui leur appartient à terminer, à Bandol. J’en
parle à mon mari qui semble intéressé (pièces dans le dossier de mon dernier avocat français).
Initialement, il était très chaud pour ce projet, qu’il voulait financer via
son entreprise, puisqu’il s’agissait d’une affaire. Il a eu l’intention de
l’acquérir, de terminer les travaux, étant du métier, et de le revendre avec
bénéfice. Il me demande même de signer
pour lui le compromis avec
Madame Fleury (autour de
juillet 2003) – ce qui fut fait. Tout au long de ce mariage, j’ai tout vendu et investi ma vie, et
d’après les avocats et notaires, mes chances de récupérer mon investissement
étaient très bonnes, grâce à la compensation des avoirs patrimoniaux. Mon
mari, ayant agrandi son patrimoine à l’aide de mes investissements, et le
mien ayant considérablement diminué. Après sa disparition, je n’ai aucune chance de récupérer mes
pertes, en revanche, je dois abandonner mon patrimoine à ses héritiers:
enfants. Je n’avais aucun intérêt à ce qu’il meure! D’ailleurs,
le fait que mon mari m’a donné la procuration pour signer le compromis pour
le projet Bandol démontre que nous avions trouvé un modus vivendi. Il faut
encore ajouter que j’ai préfinancé pour mon mari l’achat du cheval « Hot
Shot » en juin 2003 auprès de Stefan Guelpa, entraîneur à Fréjus. Témoin:
Udo Braick. Mon mari a changé encore une fois sa détermination. Martin Staub m’a versé le 01.09.03 CHF 130'000 (environ Euros 80'000). CHF 115'000 j’ai transféré à une Banque au Tessin en vue de l’acquisition de l’immeuble à Agno TI/CH (pièce 22), et les CHF 15'000 restants j’ai transféré au notaire qui devait instrumenter cette transaction avec l’agence immobilière Remax (voir point 3). Ainsi, de la somme due le 23.12.02, il restait encore une dette en ma faveur de CHF 57'500. Dans l’inventaire de succession de mon mari (reçu le 07.07.04), établi par l’administrateur de l’hoirie, l’avocat Mario Pfyffner à St. Moritz GR/CH (0033 81 83 00 80), les CHF 187'500, y inclus les 150'000 versés par mon mari à moi, figurent sous les actifs. 2. L’affaire Espérant obtenir plus facilement le divorce et surtout plus rapidement (à cause des changements d’opinion réitérés de mon mari), et conseillée par les Fleury que je considérais comme des nouveaux amis, je me suis décidée à demander mon divorce en France, contrairement aux accords faits antérieurement par convention de divorce, que mon mari ne respectait pas de toute évidence. Fleury m’a expressément recommandé le divorce sur France, puisque je profiterais d’une répartition de la fortune plus avantageuse…. D’après ces derniers, en France, lorsqu’on peut prouver la
culpabilité de son mari, le divorce est accordé d’office…. . Je cherche donc
un avocat parlant l’allemand (je parlais très peu le français à cette époque,
beaucoup moins bien que maintenant encore). Je trouve Maître Petitot, avocat à Cannes – Strasbourg – Paris. Rendez-vous fixé pour le 08.10.03 à Cannes. Je lui transmets mon dossier. Lui aussi me confirme qu’il faut des preuves au sujet de la cohabitation de mon mari avec une autre femme. A travers une amie de longue date de mon mari, passionnée, elle aussi par le sport hippique et suissesse romande, établie dans le midi de la France, Danièle Kindler-Ador, présentée par mon mari en automne 2002, j’ai fait la connaissance des époux Fleury en mai 2003. Par la suite, je les ai rencontrés une vingtaine de fois. Ils m’ont donné l’impression d’un couple sérieux et aisé (bijoux, voiture de luxe etc.). Ce couple faisait de l’immobilier et cherchait un partenaire suisse, afin de pouvoir créer une société en Suisse et y élire domicile (pour Madame) Notre première rencontre a eu lieu à quatre, au cours d’un repas,
où ils m’ont demandé, si je serais intéressée par une collaboration. Je
devais y réfléchir et me renseigner sur les formalités pour l’établissement
du domicile de Madame Chantal Fleury et de sa fille Barbara. Nous avions
rendez-vous dans 10 jours. J’ai déclaré d’entrée que je ne pouvais pas devenir partenaire financier, faute de moyens, mais seulement employée. D’ailleurs, Madame et Monsieur Fleury avaient le projet de se divorcer à l’amiable, puisque Danièle Kindler aurait été la maîtresse de Monsieur Fleury, plus ou moins avec l’aval de Madame Fleury. Cette proposition m’intéressait dans la mesure, où je désirais
travailler à nouveau en Suisse, ayant réalisé la difficulté liée au problème
de langue en France, je serais venue à Fréjus en vacances comme avant. Nous avons établi une relation amicale et nous nous revoyions assez régulièrement avec les
Fleury, dont la fille, Barbara, avait deux chevaux. Les Fleury m’étaient très sympathiques, particulièrement Madame et
sa fille. Je l’accompagnais chez ses
chevaux. Avec le couple Fleury, nous sommes venus à parler de mon divorce, à l’occasion de nos rencontres suivies pour discuter du projet de
la fondation d’une entreprise en Suisse et de la future collaboration. Les Fleury insistaient sur le fait que
ce serait très facile, si j’arrivais à prouver, photos à l’appui que mon mari
avait une maîtresse. Ils connaissaient d’ailleurs quelqu’un, qui pourrait se charger de ça très sérieusement et professionnellement. Cela devait me coûter Euros 5'000 pour les dépenses, dont une ou deux semaines de séjour en Suisse, payables d’avance. Rien de particulier, puisque nous devions payer aussi les artisans d’avance (remarque: il arrive qu’il faille prépayer même les avocats, sans quittance, sans rien – Euros 5'000 à la fois !!! Evidemment, cet homme devait se rendre une à deux semaines en Suisse, frais de voyage etc.. Fleury m’a aussi recommandé de divorcer en France (à cause des changements de détermination perpétuels de mon mari), puisque j’aurais plus de sécurité, à cause de la répartition du patrimoine conjugal, prévue par la loi française. Peu de temps après, un homme qui se faisait appeler Marcel m’a
appelée de la part de Fleury. Pour moi, il s’agissait d’un détective. Comme
je parlais très mal le français, Fleury m’a proposé de régler les détails
avec Marcel. Ils ont donc organisé un rendez-vous avec Marcel au cours duquel je devais lui remettre l’argent et les renseignements nécessaires. Rendez-vous fut pris à Vidauban le 13 juin 2003, 12 h, PP restoroute. J’y étais à l’heure pile. Là, un homme s’est approché de ma voiture, et m’a dit: « Je
suis le comptable de Marcel ». L’homme, 40 – 60 ans, svelte, petit,
casquette orange, a pris une enveloppe que je lui ai donnée, et je suis
partie. Je suis absolument certaine qu’il ne s’agissait pas de M. Legay (assistant de Fleury) ni de M. Meunier (collègue de Legay). Le 2 juillet, Mme et M. Fleury sont venus chez moi à Fréjus pour me faire signer le compromis de vente de l’appartement à Bandol, appartement que devait acheter mon mari à nos deux noms, et qu’il voulait acquérir et terminer pour le revendre. Il m’avait autorisée à signer pour lui. J’ai signé en son nom. Dans la discussion au sujet de la fondation projetée d’une société en Suisse, Fleury a répété qu’il s’agissait d’une affaire de beaucoup d’argent, et qu’il craignait que mon mari se mêle de cette affaire. Je n’ai pas cesser de lui dire que mon mari ne le ferait pas. Dans le cadre de ma nouvelle activité (voir signature d’un contrat) nous avions visité de nombreux biens dans la région, pour lesquels j’avais travaillé sur mon ordinateur à des projets, calculs en vue de la revente de ces biens à des étrangers. Ils m’ont fait également signer un contrat en tant qu’attachée
commerciale pour un salaire mensuel. Mais je n’ai jamais été payée, et jamais
déclarée, donc pas de numéro de sécurité sociale, pas d’assurance maladie. Vers la fin juillet/début août (mais peut-être fin août), M.
Fleury est venu avec son assistant à la maison. Sa femme qui l’accompagnait
toujours, était malade. On devait parler d’une maison à Agno (dans le canton
de Tessin, en Suisse) que je devais acheter. Cette maison, composée de trois appartements, servirait pour le
siège de la société, pour mon domicile et le troisième appartement serait
loué. Je devais acheter personnellement cette maison. Ce jour-là, M. Fleury ne se sentait pas bien à cause de la
chaleur, nous n’avons pas beaucoup parlé. L’assistant n’était que pour un
petit moment dans l’appartement. M. Fleury était toutefois d’accord pour la maison d’Agno, et je
devais aller en Suisse, préparer les statuts, discuter avec les banques, afin
d’y ouvrir les comptes de Mme Fleury. M. et Mme Fleury disaient être en
instance de divorce. M. Fleury m’a transmis un projet de statuts déjà existant d’une Sàrl à Nyon VD/CH. Ces statuts doivent se trouver à l’étude du notaire à Lugano. Je ne connais pas le nom de l’avocat nyonais, mais Me Codoni/Lugano doit le connaître. Une chose inquiétait particulièrement M. Fleury: il était sûr que
la société allait faire très rapidement des bénéfices, grâce à
l’import-export de marchandises… . Il ne voulait pas que mon mari se mêle de
cette affaire. D’où son em Je lui demandai ce qu’il entendait par import – export, car pour
moi, il s’agissait d’immobilier. Le 26 septembre exactement, je lui posai
cette question, et il me répondit qu’il avait déjà l’expérience avec des
ambassadeurs… . Je n’ai pas compris, mais je ne comprenais pas bien le
français. Je lui ai aussi répété maintes fois que mon mari ne se mêlerait pas de nos affaires. J’ai fait plusieurs voyages en Suisse, pour la maison à Agno, pour consulter la Banco del Gottardo (M. Colombo) au sujet de l’ouverture d’un compte (voir procuration de Mme Fleury à moi) et plusieurs contacts avec le notaire Codoni à Lugano (Suisse), règlement de l’hypothèque pour la maison à Agno. Je voulais acheter cette maison à mon nom. J’ai signé un acte de préemption, j’ai versé un acompte de CHF 15'000 via le Crédit Suisse, Minusio TI/CH (M. Ammann). Plus tard, j’ai annulé ce contrat (voir ci-dessous – pièce 2). La signature du contrat de vente/achat définitif était prévu pour la mi-octobre 2003. J’avais le projet suivant pour les appartements: appartement de 4 pièces pour louer à des tierces personnes, appartement de 3 pièces avec entrée séparée comme bureaux, et appartement de 2 pièces pour moi-même. Tous les appartements avaient des entrées séparées, donc idéal pour des bureaux. L’étude des statuts pour la fondation de société fut préparée par le notaire/avocat Claudio Codoni, Lugano (091 – 923 15 23). Mon avocat suisse, Luca Tenchio, Coire GR/CH a payé ces travaux sur mon ordre, de ma poche CHF 1'800. Cependant, je n’ai jamais reçu de paye de Fleury, ni le remboursement de mes dépenses pour le projet, bien qu’un contrat d’emploi ait été signé (pièce qui se trouve probablement parmi les documents séquestrés). Une copie des statuts mentionnés sont également en possession de mon avocat suisse, Dr. Luca Tenchio. D’ailleurs, Fleury avait déjà lancé un projet dans le passé de fonder une société en Suisse, affaire instrumentée par un notaire nyonais VD/CH (le notaire Codoni connait le nom de son confrère). Je me renseignais régulièrement sur ces photos, qui devaient
prouver la liaison de mon mari… . On me répétait:
pas encore eu le temps de s’en occuper, vacances, problèmes personnels … mais
cela viendra! Une fois, j’ai demandé à M. Fleury de me donner le numéro de
téléphone de Marcel, pour pouvoir me renseigner moi-même, mais M. Fleury
était plutôt offensé. Fin août/début
septembre, Fleury m’a annoncé que les
photos étaient prises, mais à cause de voyages réitérés en Suisse, il y
aurait eu des frais imprévus. Puis, on
m’a demandé encore Euros 1'000 pour Marcel, qui avait des frais
supplémentaires. Décidée à avoir ces photos, j’acceptai et devais me rendre
au même endroit. Un jeune homme est venu alors que je faisais le plein. Je
lui ai donné une enveloppe, il est parti. Je suis rentrée, déçue et un peu
fâchée. A partir de ce moment j’avais mes doutes quant à la sincérité de Fleury, et le 23.09.03, j’ai annulé le contrat de préemption pour l’immeuble à Agno, qui devait servir de base pour notre coopération future en Suisse (pièce 2). Projet Bandol: mon mari m’a dit
au début de cette histoire, qu’il voulait payer cet achat comptant. Il avait
2 – 3 mois de délai pour régler ce financement (entre le compromis et le
contrat d’achat définitif d’immobilier, ce délai est d’usage en France). Plus
tard, il voulait que je lui organise le financement via une hypothèque auprès
d’une banque. Prix d’achat : Euros 480'000. Financement Euros 250'000,
fonds propres comptant CHF 230'000. J’ai contacté des banques, où on parlait
allemand, pour obtenir des offres. Cela a pris 3 – 4 semaines. Mon mari
aurait dû conclure une assurance-vie pour obtenir le prêt hypothécaire. A
cause d’un problème de santé, la société d’assurance a refusé d’entrer en
matière. Mon époux s’énervait à cause de ces tracasseries et de la lenteur
des banques françaises. Cependant, il a fini par dire, qu’il voulait financer
cette transaction indépendamment des banques et des sociétés d’assurance. J’ai entendu dire que Euros 200'000 auraient dû être versés sur le compte bancaire de Madame Fleury en Suisse. J’étais en permanence sous pression de la part de Fleury: quand arrivera votre mari? Comment va-t-il payer? … J’étais fatiguée de jouer la médiatrice avec mes mauvaises notions de français, et j’étais tout de suite d’accord pour que l’affaire soit traitée directement entre les parties. Mon mari parlait couramment le français. Sa première femme était française de la région de Fréjus. Une ou deux semaines avant le meurtre, mon mari m’a dit au téléphone que le notaire de Fleury lui avait fait parvenir directement le contrat original pour Bandol. Ici, j’ouvre une parenthèse au sujet de mes observations sur les rapports Fleury/Legay: Fleury appelait son assistant « l’infirmier ». Comme Fleury était souvent malade, j’ai pensé qu’il avait besoin d’un tel collaborateur. Un jour, il l’a désigné comme son garde de corps, et j’ai pensé que la nature de ses affaires nécessitait probablement une telle sécurité, ou que c’était une affaire de prestige. Puis est arrivé le 26 septembre 2003, et la rencontre avec les Fleury – comme d’habitude au Camping Restaurant « Pin de la Legue », vers 15 h. Lorsque je suis arrivée, le couple et son assistant étaient à table; j’étais en retard. Nous avons discuté de tout : la société, la maison d’Agno, l’appartement à Bandol que mon mari devait acheter (voir point 1 »). Ils ont demandé, où j’en étais avec mon divorce. Les affaires import-export étaient en train de démarrer et Fleury se vantait d’avoir déjà de l’expérience avec les consulats etc.. Il ne voulait en aucun cas que mon mari se mêle dans cette affaire. J’étais surprise. Pour quelle raison export-import ? J’avais pensé au secteur immobilier. Je lui ai aussi dit que mon mari ne se mêlerait jamais de nos affaires, et que les lois étaient de toutes façons différentes en Suisse. Les Fleury commençaient à s’impatienter au sujet de la concrétisation définitive de l’affaire à Bandol, et j’ai annoncé que mon mari m’avait dit qu’il arriverait la semaine suivante pour faire des réparations urgentes à la maison (c’est son métier). Qu’à cette occasion on réglerait le problème financier, et que j’allais signer le contrat d’achat le 14.10.03. Fleury m’a promis une commission de FF 50 à 60'000, en cas de conclusion de l’affaire Bandol avec mon mari. Probablement, a-t-il fait la même promesse à Legay et à Danièle Kindler. Je n’ai pas compris ce qu’il voulait dire, puisqu’il s’agissait d’une grosse somme d’argent. Aujourd’hui, je sais ce que veut dire le terme « commission ». Selon mon vocabulaire d’alors, il s’agissait d’une provision. Un peu énervée, je leur parlai de ce Marcel et de mes photos qui
n’arrivaient jamais! Ce n’était pas à eux de
s’énerver. De ma part, j’avais fait mes devoirs (fondation de la société,
statuts préparés par un notaire, formulaire de demande de domicile pour
Madame Fleury, ouverture d’un compte bancaire auprès de la Banque del
Gottardo etc. etc.. En particulier, je leur ai dit avoir un
rendez-vous le 08. ou le 09.10.03 avec mon avocat français, qui s’occupait de
mon divorce. Je leur demandai d’en
finir avec ce « cinéma », qu’on avait trouvé une Suissesse bête
qu’on pouvait plumer etc., etc.. Oublions le tout! M. Fleury s’est levé fou de rage, il a failli mourir d’une crise
cardiaque, et s’en est allé avec son
assistant bien sûr. Il m’a menacée, mais je ne l’ai pas pris au sérieux.
Que pouvait-il me faire, une fois rentrée en Suisse ? Je voulais aussi
partir, mais Madame Fleury m’a retenue. Je
suis restée avec Mme Fleury que j’estimais plus que M. Fleury, qui
m’effrayait un peu, et que j’avais du mal à comprendre à cause de sa
prononciation et de son attitude impulsive. Mme Fleury m’a alors expliqué que
j’avais offensé son mari, que je l’avais fait passer pour un escroc, un
voleur … . Son mari aurait seulement de bonnes intentions, et qu’il
n’était pas responsable pour le manque de sérieux de ce type. Nous avons discuté un moment et son mari
est revenu… sans son assistant. Il était calmé, et je ne sais pourquoi (pour
compenser l’échec de Marcel peut-être), il
m’a proposé « d’intimider »
mon mari, lorsqu’il viendrait à Fréjus. Il voulait l’intimider, le Nous nous sommes séparés. Quant à moi, je considérais cette relation dorénavant comme terminée. A l’occasion de cette visite, il y a eu un entretien séparé entre Legay et Tyrone Lartigue. Legay se serait présenté comme le bras droit et le garde de corps de Fleury. Il aurait dit qu’il tuerait sans hésitation la personne qui nuirait à la famille Fleury. Il aurait fait des allusions quant à une possession d’ armes. Preuve: témoignage Tyrone Lartigue. Le dimanche 28.09.03, l’assistant m’a appelée. Il désirait me
parler de la part de Fleury; il voulait
venir ou moi je devais aller à Marseille. Devant mon refus, il m’a
donné rendez-vous au Luc, sur le parking à la sortie de l’autoroute à 18 h. En
principe, je trouvais que c’était une meilleure idée que l’assistant parle avec mon mari, car cet homme me
donnait l’impression d’être calme, soigné et agréable. J’y suis allée, il était déjà là. Il s’est assis dans ma voiture. Il
me disait qu’il serait dommage d’en finir avec nos relations d’affaires. J’ai
compris qu’il voulait parler à mon mari entre autre à cause du projet Bandol. Il
m’a proposé « d’intimider » mon mari… . Il aurait pu tout organiser
… mais … je devais payer! Je n’étais pas d’accord pour tout ça. J’en ai eu définitivement ras-le-bol. Il voulait savoir, quand mon mari
arrivait. Je ne le savais pas. Basta! Adio! Je suis rentrée, épouvantée. Je me suis arrêtée chez Danièle Kindler pour tout lui raconter: la confrontation avec Fleury, la rencontre avec l’assistant qu’ils appelaient aussi « l’infirmier », les demandes d’argent qui n’en finissaient plus. Je n’y comprenais rien. Elle disait qu’elle avait l’impression qu’ils m’escroquaient. «Fais attention ! Ils veulent te plumer, ou même exercer un chantage sur toi à cause de ton divorce ». Je lui demandai ce que je devais faire. J’avais envie de faire mes valises et de rentrer. De toutes façons, je lui dis ce jour-là,
qu’il n’était plus question que je paie quoi que ce soit, et que je n’avais pas d’argent. Je trouvai cette
excuse pour en finir. Je rentrai chez moi, prête à oublier les Euros 6'000 que l’on m’avait soutirés. C’était à mettre au compte de ma bêtise. Le soir même, Danièle Kindler m’appelle en me disant: viens demain
chez moi, je veux te parler. Le lundi, j’avais rendez-vous au Golf avec un ami suisse allemand, Matthias Schmitt – adresse inconnue. J’étais en retard, j’ai fait demi-tour, et j’ai appelé Danièle
Kindler, nous nous sommes rencontrées dans un bistrot. Elle me tend à mon arrivée une enveloppe, me disant « tiens, si tu as besoin, voilà Euros 4’000 ». (selon les usages à cette époque là, elle m’a probablement parlé d’une somme en FF, mais j’ai retenu la somme d’Euros 4'000 ( ?)). Je ne voulais pas prendre cet argent, dont je n’avais pas besoin, malgré l’excuse avancée la veille. En fait, si j’avais voulu payer, j’aurais pu le faire, puisque j’avais l’argent nécessaire à l’achat d’un camion en espèces à la maison. J’avais rendez-vous à Roquebrune avec M. Schuler, le mardi ou mercredi suivant. Elle insista, j’étais gênée, et pour en finir, comme nous étions au milieu de beaucoup de monde, j’ai pris l’enveloppe, pensant que ces espèces pouvaient toujours me servir. Mais, ne voulant pas accepter d’argent de sa part, même si elle avait émis le souhait de m’acheter une de mes caravanes – et cet argent pouvant représenter le montant de la vente – j’ai établi un chèque pour le même montant. Réflexion: cette manœuvre n’avait pas de sens pour
moi. Par contre, je pense que cette action faisait partie du plan des
malfrats, probablement selon le dicton « Prêcher le faux pour savoir le
vrai“ – tester, si j’étais vraiment à court d’argent. – Il faudrait
interroger Danièle Kindler à ce sujet, (mon chèque a été retrouvé sur Danièle
Kindler au moment de son arrestation) pour coincer ensuite Danièle Kindler et
lui faire avouer le vrai mobile de sa démarche. Je n’ai pas considéré cette femme comme une vraie
amie, bien qu’elle me fréquentait très souvent. Mais il s’agissait d’une compatriote,
ayant comme langue maternelle le français, et étant bien rôdée dans
l’environnement du Midi de la France. Rétrospectivement, je peux imaginer ne pas m’être exprimée lors de cette
rencontre de façon inéquivoque, à cause de mes mauvaises connaissances du
français. Exemple : « commission » pour
« provision ». Quand j’ai dit à ce moment à Danièle Kindler :
« L’assistant va venir, pour tout régler », on peut l’interpréter
évidemment de manière différente, surtout après le crime. L’après-midi,
l’assistant m’appela à plusieurs reprises. Je répondis que j’étais occupée,
et n’avais pas le temps de discuter. Finalement, il voulut savoir, quand
arrivait mon mari, et je lui ai dit « il arrive demain
après-midi ». Quant à moi, ma relation avec ces gens-là était
terminée. Aussi, je ne voulais plus rien avoir à faire avec le projet Bandol,
et j’en avais marre de jouer à la médiatrice entre les deux parties avec mes
connaissances misérables de français. Que ces gens-là règlent cette affaire
directement avec mon mari! Pour moi, la venue de mon mari à Fréjus à ce moment-là était motivée comme
suit: il voulait louer son appartement à des vacanciers dès le mois
d’octobre, et pour cette raison, il devait réaliser un certain nombre de
réparations. Il semble que les candidats-locataires était un couple avec des
enfants de l’Engadine GR/CH. Où est ce contrat? L’homme est un constructeur
de cuisines, qui a coopéré souvent avec mon mari. Son prénom est Christian ou
Christoph, il conduit une Mercedes Vito verte. Il était avec mon mari à
Fréjus le 31.07.03 (transport de meubles). Le bureau de l’entreprise Staub
connaît certainement l’identité de cette personne (0041 – 81 – 833 40 77). D’ailleurs, mon époux m’a appelée pour m’annoncer
qu’il viendrait avant la fin du mois, et que je devais lui faxer une liste,
contenant tous les travaux de réparations à exécuter dans la maison, et
simultanément préparer, comme d’habitude, les décomptes des pensions des
chevaux, des frais de nettoyage. Tout cela, je l’ai préparé, et j’ai mis ces
récapitulations dans une serviette rouge. Je pense que
mon attachement à la famille Fleury était dû au fait que je vivais depuis
trop de temps comme une nomade, loin de ses racines, seule, un peu perdue, à
la recherche d’une nouvelle existence. Je me suis raccrochée à eux avec, ce que je pensais être mes nouveaux amis pour
une nouvelle vie. Cette
faiblesse a fait de moi une parfaite victime facile à manipuler. J’ai fait confiance à tort, sans perspicacité, et
j’ai raconté trop de détails intimes (divorce etc.). Aujourd’hui, je pense que leur intérêt à mon égard
n’était dû qu’au fait que non seulement, j’étais Suissesse, mais que j’étais
aussi de par mon métier très au courant des lois et des formalités suisses. Ils ont
trouvé un couple suisse pour plumer et pour profiter. Les gens honnêtes sont naïfs. Ils présument que les gens qui les entourent sont également sincères. Un escroc ne risque pas de subir un abus de confiance, puisqu’il présume toujours que ses vis-à-vis fonctionnent comme lui-même. 3.
Le jour du crime – mardi, le 30.09.03 Je me suis levée le matin à 06.50 h. WC,
maquillage, m’habiller. Comme
d’habitude donné à manger au chien, au chat et aux chevaux. J’ai fait un tour
avec mon chien Dogel à la laisse,
suis allée vers l’écurie, ouvert le sellier, sorti fourrage pour Dogel, attaché Dogel à la porte, sorti
fourrage pour Wutsel, pour les cheveaux de Datin, apporté aux chevaux, donné
foin et eau (07.45). Tourné une ronde avec Dogel à la laisse, renfermé Dogel
dans sa niche, bu un café avec l’entraîneur
Udo Braick devant l’écurie (08.30), et je suis retournée au lit. M. Lartigue
habitait avec moi. Je me suis levée à 10.00 h ou 10.30, je me suis habillée avec d’autres
vêtements, pris un petit-déjeuner avec
mon ami, café, œufs, beurre, pain.
Celui-ci mit la piste en état avec le tracteur avant de partir au village (11.00). M. Braick était parti et était revenu
plus tard pour chercher sa femme
Marion (elle faisait du nettoyage dans leurs chambres), et aller avec elle
sur l’hippodrome à Hyères (11.45/12.00), où ils ont aussi des chevaux en
pension, soignés par leur fils. Samuel
Datin a fait une promenade avec ses chevaux, a pris sa remorque et est parti,
vers midi (11.30). J’étais seule. Je m’affairais dans l’appartement: mettre de l’ordre au bureau et dans la chambre à coucher, où j’ai plié le 2ème lit de Tyrone Lartigue dans l’armoire, et rangé ses habits dans l’armoire. Balayé, fait la vaisselle. J’ai donné à Wutsel sa viande. Comme d’habitude, j’ai sorti Dogel vers 12.00 de sa niche, suis allée vers l’écurie, ouvert le local des fourrages. Donné à manger à Dogel et aux chevaux de Datin. Ensuite, versé de l’eau à tous les chevaux (environ ¾ heures). J’ai fait, comme tous les jour, 2 ou 3 rondes avec le chien, ai
réparé la clôture électrique (environ ½ heure), tout devant être en ordre pour l’arrivée
de mon mari, qui se met facilement en colère. J’ai aussi préparé tout ce qui
allait servir pour réparer le chauffage pour l’hiver, nettoyer la cheminée et
la réparer. Mon mari, dont c’est le métier, était venu faire ces travaux.
J’ai donc sorti la caisse à outils qui ne se trouve pas toujours à la
même place et n’est pas toujours complète, puisque Tyrone Lartigue et Udo
Braick l’utilisent aussi, cherché bougie de remplacement dans l’atelier,
tombée sur l’échelle dont mon mari
avait besoin. Il a voulu réparer la
cheminée. Une partie de la cheminée était tombée à l’intérieur, a bouché
l’aération – risque d’explosion. Mis
le chauffage sur mode « hiver », réglé parabole pour l’appartement.
- On m’a reproché cette échelle, mais
honnêtement, je ne me rappelle pas des détails; si j’étais seule ou
accompagnée, mais l’échelle ne faisait qu’environ 2 m, il me semble
impossible de penser à faire mourir quelqu’un en tombant de cette échelle,
par-dessus le marché sur du sol sablonneux!
Je suis rentrée dans la maison, puis ressortie – plusieurs fois- rentrée/sortie du garage. J’ai préparé les pièces sur la table ronde, décompte des pensions des chevaux, frais d’entretien du studio pour vacanciers, photo du camion que je voulais acquérir, un chèque qu’il devait encaisser pour moi en Suisse, lettres à la commune etc.. Je suis sortie de la maison .. une voiture est arrivée (à environ 13.00), c’était l’assistant (Y. Legay) et un ami, que je n’ai pas remarqué spécialement. Il m’a demandé, où garer la voiture, je lui ai dit devant le hangar, à côté de la voiture de Marion. C’est l’ami de l’assistant qui a garé la voiture, dont j’ai remarqué la présence à ce moment. J’ai dit que je préparais le matériel pour les travaux de réparation que mon mari voulait exécuter. Je suis rentrée dans le local pour matériel, pour sortir l’échelle. Je crois me souvenir que l’ami de l’assistant a pris l’échelle – je trouvais cela très poli, un gentleman. Nous sommes retournés vers la maison, discutant qu’il s’agissait d’une vieille ferme que nous avions transformée nous-mêmes. Il voulait que je lui précise, quand mon mari arriverait. Il a demandé d’envoyer un SMS à mon mari pour savoir où il se trouvait. Il était à 30 km de Fréjus. Nous sommes rentrés à la maison. Je lui ai demandé, s’il voulait un café. Il a refusé. Je me suis assise. Nous avons parlé du vieux bâtiment. Je lui ai dit que nous avions transformé et rénové la maison nous-mêmes. Puisqu’il était de la branche, je lui ai demandé, s’il voulait visiter les lieux. Il a voulu visiter la maison. D’abord nous avons visité le rez-de-chaussée, puis le 1er étage. Lorsque nous sommes redescendus de l’étage, son ami est rentré, très agité, en disant qu’une voiture rouge venait d’arriver. Legay était debout derrière la table ronde, l’autre à côté. Je suis sortie de la maison, et mon mari dirigeait déjà sa voiture vers l’écurie (environ 14.30). Il a garé devant la fontaine, comme il le fait toujours, s’il ne reste pas longtemps. Mon mari est sorti de la voiture. Je suis allée l’accueillir et le saluer, il a jeté un coup d’œil aux alentours, cabanons, qui venaient d’être repeints, aux chevaux, au container. Il était excité, me reprochant d’avoir trop de chevaux à la fois en pension (16 animaux en tout, dont la plupart d’autres propriétaires). Il s’énerva encore davantage quand il apprit qu’un cheval avait eu une colique ce matin-là, et qu’il était mort. Il m’a posé la question, à qui appartenait la voiture. Je lui ai répondu « ah, l’assistant de Fleury est arrivé pour te parler au sujet de Bandol. Il a commencé à s’énerver du fait qu’il n’avait pas de temps à perdre. Il avait les travaux à faire, et il aurait encore un rendez-vous avec un couple. A cette époque, je ne me suis plus intéressée à la vie privée de mon mari, et pour cette raison, je ne l’ai probablement pas écouté trop attentivement. En fait, la veille du crime, j’avais écrit dans un e-mail envoyé à une de mes amies, que mon mari viendrait en compagnie d’un couple qui voulait venir explorer la Côte d’Azur. Réflexion: Qui étaient ces gens ? Des acquéreurs de l’appartement à Bandol, ou un piège de la part de Fleury ? Nous sommes rentrés dans la maison, où il n’y avait plus personne,
ce qui m’a étonnée, ainsi que mon mari, qui avait vu la voiture garée devant
le hangar. Je lui ai offert un café, pour commencer déjà à visionner les pièces que j’avais préparées. J’ai demandé, s’il voulait manger quelque chose – il a répondu qu’il avait mangé un sandwich au volant. Il m’a demandé, où le type était, et il a jeté un coup d’œil sur sa montre, excité. Je suis partie à la recherche de l’assistant, d’abord à l’extérieur, puis à l’étage (WC), et à la fin je suis allée dans ma chambre à coucher, dans la salle de bains, d’où j’ai vu sortir en trombe les deux hommes. C |